Poètes brésiliens dans LPB
Poetas brasileiros em LPB

Ademar Ribeiro

 

MARGUERITE

 

Le moi ne cherche pas l´écriture.

 

(Lorsque il faut de la poésie,

c´est elle qui le sollicite

de nouer, tripe par tripe,

tout ce qu´elle vomit.)

 

Et s´il ne compose pas

avec ce qu´elle lui dicte,

sort de l´ombre, s´explicite:

 

dit bonjour la littérature,

lui efface tous les mots,

lui coud la marguerite.

 

 

PERIQUITA

 

O eu não procura a escrita.

 

(Quando a poesia precisa,

ela é que, tonta, o solicita

a juntar, tripa por tripa,

tudo que ela vomita.)

 

E se ele não compõe

com o que a cuja dita,

do oculto se explicita:

 

apaga-lhe a escritura,

costura-lhe a periquita,

e adeuses literaturas.

 

 

 

 

 

PEAU D´OURS

 

Poète ne fait pas de discours,

ne façonne pas l´ours mort,

ne vend pas la peau de l´ours,

ne fout pas de tripes au vent.

 

Écorche avec le stylo,

livre l´ours au complet,

hurlement par hurlement.

 

 

PELE DE URSO

 

Poeta não faz discurso,

não trabalha urso morto,

não vende pele de urso,

não joga tripas ao lixo.

 

Esfola com a caneta,

entrega o urso inteiro,

uivo por uivo, vivo.





Bouse de vache


Si maints poètes découlent

d´un enclos peu commun

échafaudé sur les cartes,           

je n´y ai pas fiché de pieu,

et je me nomme personne,

car je trais au cinquième pis

et je mène la bête à la tape.


Ma patrie c´est le désert.


Mon élément, le chiffon.


Ma poétique, noire.

 

Mon vers, bouse de vache.

 

 

Bosta de vaca


Se muito poeta provém

de certo curral incomum 

estabelecido nos mapas,

só eu não plantei estaca 

e não me chamo ninguém,

que ordenho na quinta teta

e conduzo a rês a tapa.

 

A minha pátria, deserto. 

 

Meu elemento é o trapo. 

 

A minha poética, preta. 

 

Meu verso, bosta de vaca.





Strychnine

Il n´est déjà plus temps

 

de cueillir figues et dattes,

mais plutôt de tronquer des têtes,

les rejeter sur l´écran.

 

Plutôt le couteau et la lame,

et le poignard, et la faux :

il faut attacher le poème,

l´embrocher jusqu´aux os.

 

Et dans le désert du papier

où, tout seul, je clame,

là où l´amour se broie,

et les poètes se traînent,

et la poésie se termine,

je mets la table et ne dis pas,

même si la cochonne rechigne,

ni où ai-je donc masqué le texte,

ni où ai-je donc fait fausse rime,

ni dans quel vers ai-je mis des balles,

ni dans quelle balle la strychnine.


ESTRICNINA

Agora já não é tempo

de colher figos e tâmaras,

mas de decepar cabeças,

atirá-las contra câmeras.

 

Mas de faca e de punhal,

e de lâmina, e de foice:

é sujigar-se o poema,

espetá-lo até o osso. 

 

E no deserto do papel

onde, sozinho, clamo,

onde o amor se esboroa,

e os poetas rastejam,

e a poesia termina,

ponho a mesa mas não digo,

nem que a porca torça a tromba,

nem onde velei o texto,

nem onde furei a rima,

em que verso deixo bala,

em que bala, estricnina.





Où les poètes se tuent 

Mon poème s´organise

 

au-dessous du pont cassé; 

dans la métaphore impossible

de l´horizon sans ligne 

où le massif s´est effondré.

 

Pour soulever mes vers 

auprès d´un dieu méconnu, 

je traverse le désert en feu

me heurtant à des squelettes, 

tourne le papyrus à l´envers, 

écris sur les os de l´amour. 

 

Sous la trace des convois,

dans les confins du néant, 

où le verbe se propage 

par des versets d´étoupille,

mais où le Texte se tient, 

même si l´Éternel prend fin. 

 

Où les poètes se tuent,

mais où la parole résiste

par des dagues redressées, 

dans une lampe d´Aladin..


Onde os poetas se matam

Meu poema se organiza 

debaixo da ponte partida; 

na metáfora inexequível 

do horizonte sem linha 

onde o macço afundou. 

 

Para levantar meu verso 

a deus que não conheço, 

atravesso o deserto aceso, 

tropeçando em esqueletos, 

reviro o papiro do avesso, 

escrevo no osso do amor. 

 

Sob o rastro dos comboios, 

no ermo de todos os termos, 

por onde o verbo se alastra 

com versículos de estopim, 

mas o Texto não se acaba, 

nem que o Eterno tenha fim. 

 

Onde os poetas se matam, 

mas onde a palavra resiste, 

com suas adagas em riste, 

numa lâmpada-de-aladim.





Poupée de cire

Maintenant

ni lait

ni craie

ni planche

ni bord

ni branche

de figuier

ni figue

ni tatou.

Je veux mourir debout

sous les coups du maracatu.


Boneca de cera

Agora

nem lé

nem cré

nem eira

nem beira

nem ramo

de figueira

nem figo

nem tatu.

Quero morrer de pé

no baque do maracatu.





LA CHIMIE DU POÈME

Quand tu tueras,

 

ne tue pas au jour,

ne tue pas au mois,

ni même à l´année.

Ne tue pas avec un rondin,

dans une embuscade, dans un coin,

ne tue pas avec un virus,

non plus par balle

ni tube à feu.

N´en tue pas un seulement,

ni seulement deux,

ni seulement trois,

ni soixante-quinze

ni cinq mille et quelques.

Mais, dès maintenant,

et quand tu tueras encore,

tue sans peine, une fois pour toutes,

dans la cabale de la rime, dans la chimie du poème,

par-delà quatre-vingt mille huit cent quatre-vingt-huit.


QUÍMICA DO POEMA

Quando matares,

não mates por dia,

não mates por mês,

nem mates por ano.

Não mates com tora,

em tocaia, na esquina,

não mates com vírus,

não mates com bala

nem arma de cano.

Não mates só um,

nem apenas dois,

nem somente três,

nem setenta e cinco,

nem cinco mil e poucos.

Mas, ao matares, agora,

e quando matares ainda,

mata sem pena, de vez, e por cima,

na química do poema, na cabala da rima,

oitenta e oito mil, oitocentos e oitenta e oito.





LUI

( antipoème d´Ademar Ribeiro )

 

I

Sans même le regarder,

je le sens qui me devine, 

dans un soir colossal.     

 

Il me scrute, me surveille,             

fouille dans tous les plis 

de mon habit impossible,

me prend dans sa main

avec son regard;

comme un livre,

dans sa poche.

 

Bien posé dans son trône,

il est le maître de tout,

détient les clés du temps,

les arbres, le vent,

l´eau et la poésie

en toute géographie.

 

Il me saisit, mais ne me signale pas

car je lui ai tronqué la langue

( il m´avait soupçonné d´avoir violé

la faune et la flore

et voulait me retenir

en prison particulière ) .

 

Et pourtant il peut faire le sportif :

nous sommes allés ensemble à la plage,

nous avons galopé dans les prés,

je me suis servi de sa crème,

de ses lunettes fumées,

pour me garder du soleil.

 

Il est terrible, mais il m´obéit;

quoique odieux, il m´adore;

souvent bonasse, il m´ennuie;

m´a presque rendu malade de tant me remarquer,

d´attirer mon attention sur du néant.

 

Il ne s´entend pas: 

maintenant, pour un peu, il ne m´avale pas

dans son tournant, dans sa rafale.

 

Il est amoral:

connaissant tous mes crimes,

ne m´a pas dénoncé.

 

Ne se décide pas:

ne me retient pas,

ne s´en va pas,

ne me suit

ni me rejette;

j´ignore s´il est homme, femme, bête,

il ne m´a jamais montré de papier personnel.

 

Il doit être une entité, un revenant

dans la nuit où je me meus.

 

Il est aveugle:

m´a déjà pris pour tant de choses,

m´a tenu en esclavage,

lécha mon catarrhe lors de nos amours,

m´apprit de l´alpha à l´oméga, en vain.

 

Il a fait de moi tout ce qu´il a voulu:

m´arracha entre ses dents,

afficha mon nom sur son tableau,

m´exposa aux siens,

étiqueta ma vie,

prit ma photocopie,

ma radiographie,

suça mon sang

lorsque je dormais.

 

Et s´en est envenimé.

 

II

J´ai été réveillé par son boucan

m´intimant de travailler

dans sa firme universelle

( donc il n’était pas mort?)

 

Je me suis levé, exsangue,

sans plus me poser de question;

j’ai acheté tous les journaux

sur lesquels il s´était affiché

avec une mine abyssale

comme se moquant de moi

sous ses verres de lunettes,

en m´invitant, poliment,

- patron, poltron -

c’est à dire: «Que tu veuilles

ou non, on sera amis».

 

J´ai eu envie de l´avaler,

tout entier, comme un boa,

mais il avait la chair hideuse

d´un grand cafard

( j´ai eu du mal à voir mon sang

au-dessous de sa peau rosée

contre la mienne, fantasmatique ) .

 

Etalé sur le sable,

si bestial vampire,

que je me suis étonné

de ne pas le redouter,

aussi réel, coutumier

qu´un quelconque être humain.

  

Je lui ai parlé de mon monde,

lui ai dit mes êtres chéris,

mais il ne m´a pas suivi, bailla,

se retourna et s’endormit,

hippopotame, son sommeil.

 

III

Il est bien quelque chose

que l´on ne peut saisir;

 

se déguise sous mille formes,

mille façons d´être insensées;

 

mine l´essence des choses les plus aimées;

 

tourne le monde à rebours, à l´envers;

 

prétend acheter l´âme

de ce qui n´a pas de prix.

 

 A coutume de faire l´absent

me tromper des fois, quelque temps,

se dérober de moi, je ne sais où

( jouait-il à cache-cache,

ou ai-je été distrait? ) .

 

Mais je tombe toujours sur son nez pointu;

découvre souvent - ran tan plan- son doigt,

sa queue, son manche ;

 

n´arrive jamais à bien se cacher,

Satan, mille-pattes,

 

raclant le plancher de tous ses souliers,

 

s´agrandissant pour me mettre en fuite

 

en se gonflant,

 

en coassant,

 

crapaud.

 

Et lorsqu´il décampe enfin,

ce n´est pas encore qu´il est parti,

c’est que je me retrouve en lui,

qui, d´habitude, m’a englouti.

 

Resserré dans ses entrailles,

comment puis-je voir la face

du monstrueux «piranha»?

 

Si, quelque jour, par magie,

je l´envisageais face à face,

mon dégout me mènerait

de la nausée au vomi.

           

Alors que dans ses dedans,

en fréquentant son néant,

je peux déchirer ses tripes,

le percer de mes dards,

m´installer en carie dans ses dents,

maîtriser son raisonnement

lui allégeant l´esprit,

le trouant comme une broche

dans un exercice subtil.

 

Tout ce que je ne peux pas faire

c´est me hasarder dans son rut,

le retenir comme un fleuve,

arrêter son rire imbécile,

lui couper la barbe.

 

IV

Il se trouve souvent

partout comme Dieu;

un seul méchant loup

déguisé en mille brebis;

on ne lui a jamais vu le front,

mais je lui découvre les oreilles.

 

Entre nos pensées

il y a un écart infini,

et quoiqu´il s´arroge, le clown,

de me prendre en raillerie,

c´est moi qui le raille

depuis les temps de mon enfance:

 

de ses propos usuriers,

de ses concepts contrefaits,

de ses idées mesquines;

 

de sa soif d´un jour

me refaire tel qu´il veut :

 

me mesurer par sa taille,

me broyer dans ses tripes,

me réduire en bouse.

 

V

Il manque de peau, de nom,

de chair, d´os, de dessin :

 

le poids de mon regard,

la façon dont je mange

et ma douleur le dérangent,

 

Il ressent pour moi

la honte que je n´ai pas,

et, pour lui, je ressens

la honte qu´il a de moi.

 

Dans ce climat de misère

je me trouve sur le fil.

 

Je suis la bouche qui tète,

il est la mamelle vide.

 

Tandis que j´avale la bagasse

il goûte le jus de la canne.

 

Il est le grand estomac.

 

Je suis son amas gastrique.

 

Lorsqu´il se serre le ventre,

c´est juste moi qui me casse.

 

Mais autant qu´il me haïsse,

il ne sait comment me happer;

 

j´ai appris de lui toutes les ruses,

me suis découpé en légions:

 

me faufile dans les replis de son habit,

me glisse entre ses mains, tel un poisson;

 

déploie mille regards dans tous les sens,

me débarrasse de lui,

le pique comme une araignée;

 

à l´envers de ce qu´il pense,

je le rends cobaye de mon expérience.

 

VI

Jouer avec lui fait mes délices;

lui faire comprendre à tout prix

qu´il est mon début et mon but,                     

que je n´ai rien de plus que lui,

qu´il est tout ce que j´ai dans la vie,

même s´il est ce qu´il est - si petit -

se cadrant tout entier en moi,

qui en dépit d´être presque rien, 

le crache et le méprise.

 

Quand il ouvre la bouche - et il ne se tait jamais -

tout ce qu´il dit tourne au pervers, manque d´essence,

sonne comme litanie au Malin,

c´est du barbouillage sale et vide.

 

Pour me tenir entier,

je lui fais la sourde oreille

en lui donnant en réponse

le mépris le plus vrai,

un silence plus sonore

qu´un coup de pied dans son derrière.

 

À cause de moi, il s´accidente,

se brûle à la braise de mon cigare,

devient névrotique, glisse sur le vide,

lâche ses chiens, perd toute allure,

tambourine sur la table, sonne ses grelots...

 

Il me fait de la peine.

 

Je crois qu´il est bon.

 

Que s´il ne me donne plus

c´est parce qu´il est pauvre;

 

que s´il ne m´a pas déjà éteint,

c´est parce qu´il n´y peut rien:

 

il a les mains de paille.

 

VII

S´il le pouvait, il m´affronterait,

insulterait ma mère, mais je suis son frère.

 

«Apache» de trop ( moi tellement «xingu» ) .

 

Son père est issu du Nord ( le mien, du Sud? )

 

On n´est pas des amis, non plus des rivaux,

j´ignore ce qu´il est, il se méconnait.

 

Je le retrace selon ce qu´il me fait,

d´après ce qu´il m´a fait depuis mon enfance :

moi traînant des sabots,

lui en chaussures de luxe.

 

 

 

tirant de mon corps la danse;

 

de mon esprit la paix;

 

ma chair de mes os,

 

embelli de ma beauté,

poussant depuis mes racines,

prenant toujours mon tour,

troublant ma voix,

renversant ma prière,

fauchant - zut - mon cou,

changeant mon sang en craie.

 

Il veut m´assujettir

à lui rendre tribut

car j´ai créé d´autres chiffres,

porte mes propres couleurs,

ose souvent un ton de plus:

 

il gâche mes comptes,

délave mes habits,

broute ma musique note par note,

vire cheval, trotte, se perd de vue...

 

Pour le r’enchevêtrer, je dois être artiste.

 

Partout où je vais, il me suit

attaché à sa ceinture

--São Paulo, Japon, Irak

Açores, Minas Gerais

Antilles, Détroit de Gibraltar --

en se dessinant sur les cartes,

en me raillant d´en dessus,

« un poquito más arriba ».

 

Contre lui je ne peux rien

mais avec lui je veux tout:

 

au long du temps qui me reste,

je lui retrace un profil,

lui ébauche le portrait,

car même grotesque, hargneux,

il est tout ce que j´ai dans la vie.

 

VIII

Lorsque je naquis, il avait déjà

préparé ma place dans le monde.

 

Étant riche et heureux avec les siens,

il m´a fait, avec les miens, atroce et pauvre,

détermina ce que je serais,

me jeta dans un puits profond,

me livra à Dieu, le salaud,

sachant que dieu n´existait pas.

 

Et dans la bave de la nuit maladroite

où, malgré moi, nous nous rejoignons,

j´essaye de le comprendre par l´Astrologie;

 

je me rends à l´idée qu´il émane

du lourd brouillard d’une ultime planète

-- de Pluton, de Saturne ou de Neptune --

pour m´ébranler avec sa force cosmique.

 

Pour découvrir ses desseins,

démasquer ses mystères,

je lui fais croire qu´il me trompe,

mais j´ai autant de signes que lui,  

je joue comme lui au même jeu:

 

quand il est d’air, je suis de terre;

 

s´il est de terre, je suis de feu;

 

lorsqu´il est feu, je suis eau

 

et s´il est d´eau, je suis d’air;

 

s´il est Poissons, suis Verseau;

 

s´il est Neptune, suis Uranus. 

 

Je l´examine à froid,

décapsule sa mer,

passe à gué son océan.

 

IX

De temps à autre, quand je le prends en photos

-- il les aime nettes --

 moi, je les froisse.

 

L´encadre dans un coin de ciel orageux,

trouble son profil,

enrichis son image;

 

lui prends l´oeil clignant

le rire le plus inexact,

la bouche la plus dramatique,

cherchant son côté vulnérable,

l´humanisant avec ma machine.

 

Mais il fait tout rater,

encadre mon âme

dans le verre de ses loupes

( j´oublie souvent, depuis toujours,

qu´il étudie mon côté psychologique ) .

 

Et voilà les photos gâchées,

du sable dans le diaphragme,

le film se perd,

la machine casse.

 

Pour l´attraper, dans le viseur ou dans la vie,

je devrais l´étreindre à outrance,

le réduire plus qu´il ne l´est,

le prendre par morceaux,

les uns sur les autres,

donnée par donnée,

un pied devant l´autre

pour ne pas l´éveiller:

 

s´il m´a presque ruiné jadis,

je devrai le chevaucher à l´avenir,

lui faire solder des dettes anciennes,

le déformant autant que je le voudrai,

me faisant tel qu’il ne veut pas;

 

en m´échappant, lors de ses sommeils,

de l´une de ses bedaines.

 

X

Je ne sais pas pourquoi je m´occupe de lui,

si lorsque je l´appelle, il ne vient pas; 

si quand je me montre, il ne me voit pas;

suit mes traces, quand je me cache.

 

Si, quand je pars, il m´appelle;

quand je l´embrasse, me rejette;

si étant proche, me désole;

 

si, quand je me rends, il me trompe

et quand je suis seul il sort,

ne servant qu´à redoubler ma solitude,  

tantôt se montrant, tantôt se sauvant

juste quand je crois serrer sa main.

 

Il a en lui une part qui me ressemble

mais qui reste disloquée : 

le bras à Paraíba, la jambe au Guatemala,

l´estomac en Chine.

 

Pour affronter le mal qu´il est,

je me rue sur son siège,

renverse certaines cloisons,

recueille ce qu´il y a de bon,

lui rebâtis nouveau corps,

nouvel espace, nouveau son,

en répandant sans relâche,

devant son ancien visage,

sa charpente aux vautours ;

 

le frappant outre-mesure

comme il a réglé mes actes;

 

tout comme, dans un cadre exact,

il a rogné ma vie.

 

XI

Côte à côte avec lui, au fil des années,

je manque de recul pour le regarder:

 

il est proche de trop de mes regards;

 

moi plongé trop dans son bourbier.

 

Pour mieux le saisir, je devrais m´éloigner,

 

l´analyser, la nuit, sous la lampe, à table;

 

essuyer, sur les cartes, ses traces de sang;

 

me garder, sain et sauf, dans un lieu sûr;

 

l´entretenir à la télé, à la radio,

me sauvegarder de ses haines,

l´examiner dans un laboratoire,

me claquemurer en exil.

 

Mais toute ma vie n´a été

que patauger avec lui dans l´ombre,

éradiquer son côté méchant,

exalter son côté bénévole,

remuer son tout immuable,

lui apprendre l´amour général,

perdre pour lui ma personne .

 

XII

Il n´est pas un être.   

 

Pas une chose.

 

Pas une bête.

 

N´est pas indien.

 

Pas noir.

 

Pas ouvrier.

 

N´est pas humain.

 

N´est pas un seul

 

ni plusieurs.

 

Se partage en deux sur la Terre.

 

Je peux à peine le pondérer.

 

Péniblement l´ébaucher.

 

Le formuler, impossible.

 

Il faut de la ruse pour l´évaluer,

l´influencer sans démagogie;

enlever de son être abstrait

sa moelle vivante;

 

joindre ses dents aux Antilles

à ses cheveux aux Caraïbes;

 

son appendice à Cabedelo

à ses larmes à la Mer Rouge;

 

sa chair à Minas

à son squelette au Crato.

 

Il vaut mieux le remonter

l’arrimer à ma douleur :

 

m´immiscer dans son thème,

le coudre avec des vers de fer,

dompter sur papier sa colère;

 

engendrer, avec ses débris,

un seul à El Salvador:

 

lui dédier mon antipoème.

 

XIII

Sans amour, je l´opère.

 

Il me faut, pour le combattre,

être comme lui, de glace,

posséder l´aura dure;

 

tenir le verbe d´acier,

des rimes de balles,

des mots de tirs;

 

puisqu´il n´a pas de nom,

l´aborder par le tangent,

l´annuler jusqu´à zéro,

tourner sa guerre en littérature:

 

sur une carte géographique,

les deux affichés en icônes,

nous mitrailler l´un l´autre,

renverser la mer

sur des lieues et des milles,

déchirer le Continent

pour une poignée d´îles;

 

le traiter impersonnellement

dans les mots du jour le jour:

 

ne pas lui vendre mon réel,

ne pas acheter sa fantaisie,

observer sa topographie,

ses contours désordonnés,

ne pas subvertir son ordre,

aller jusqu´où il veut m´emmener.

 

Mais, en douceur, érafler son moral,

me poser en pierre sur son chemin,

faire de mon silence son impasse:

tout en sachant, ne rien lui conseiller,

le pousser tout seul au désastre.

 

Si je le brusque, il me fronce la taroupe;

si je fronce la taroupe, il me mord,

me noie dans mon canal,

m´étrangle dans mon détroit,

me presse de haut en bas,

me renferme dans mon isthme.

 

Avec son côté sain, dispersé,

au point que je ne sais plus qui existe,

je rassemble en moi un régiment

pour combattre pour la vie:

 

notre organisme «caliente»

contre sa chose froide;

 

notre flotte dissidente

contre son armée royale.

 

Entre notre haine inutile

et notre amour impossible,

je veux mourir - je décide -

en pleine zone de feu,

bombardé par ses missiles;

 

sinon l´éradiquer pour toujours,

arrêter «for ever» notre cycle.

 

XIV

Je ne sais pas ce qu’il mange, où il habite;  

 

s´il est dedans ou hors de la Planète;

 

s´il est bonasse, perfide;

 

si cocu, si manchot,

 

tangible, éthéré ...

 

Je sais tout court qu´il existe.

 

Tombe sur moi dès mon réveil;

 

rend mon café saumâtre;

 

répand dans mon thé

l´arrière-goût de savon;

 

s´ingère dans tout ce que j´écris, et plus:

excède ma verve,

réclame correction,

exige des virgules aux justes places,

tellement imprécis, complexe

( pourquoi donc ne m´a-t-il pas appris comment faire? ).

 

Sur sa bave, je glisse.

 

Le prends par ses poils.

 

Le tisse peu à peu, m´y acharne.

 

Je le tords, il me tord,

moi énergiquement, lui lâchement,

mais je n´arrive jamais à le régler à la mesure,

il trouve toujours moyen de sauver une jambe, un bras,

retombe en entier,

se coupe de son propre rythme,

tout en naissant me domine,

détermine comme il se veut.

 

Par convention, je devrais obéir,

mais je trouve toujours une façon de le berner,

pour qu´il se trompe lui-même

lorsqu´un jour ici, flatulent, il se lira;

 

en le ridiculisant avec grâce,

en le détruisant petit à petit,

en lui désignant son quasi, son néant,

en lui prouvant que même s´il m´a forgé malheureux, marginal,

je le maîtrise:

 

autant il a tracé mon destin à la marge,

autant je l´enfermerai toujours dans mon verbe,

en me forgeant, qu´il veuille ou non, dans son histoire.

 

XV

Il se place des fois dans un secteur que je n´atteins pas.

Son jeu le plus fréquent c´est de faire l´inaccessible,

de me transpercer, meurtrier, mercureux,

de miner ma résistance avec de petits riens,

de me pincer la carotide avec ses auriculaires,

me tuer, qui sait, d´un souffle au coeur.

 

Cependant, par caprice, je ne meurs pas.

 

J´aime m´amuser avec lui,

offenser son mécanisme;

le laisser quelque temps sans visage,

par ma faute, en lui-même, imprécis,

sans savoir s´il est tard ou s´il est tôt,

s´il est mâle ou femelle,

si blanc, si noir,

si héros, si lâche,

en brouillant ce qu´il organise,

en le démontant comme une montre

avec une minuscule pince.

 

XVI           

Je vis pour le nourrir,

combler ce qui dans lui est vide.

 

J´ai besoin de son désert

pour me sentir vivant;

 

pour me sentir propre

de fréquenter sa charogne.

 

Le sang dans mon cou

demande de sa froideur;

 

son étoffe de poupée,

de mon flux généreux ;

 

sa nature périphérique,

de mon emprise incisive.

 

Je travaille pour lui

mais ne sais pas ce qu´il est

( pour qui est-ce que je travaille,

qu´est-ce donc qu´il fabrique? )

dans sa machine je me pose

en pièce interrogative.

                                        

XVII 

Depuis longtemps, je ne l´entrevoie pas,

et je viens juste de le revoir ;

 

déjà il disparait dans le virage,

je le prends par la chemise,

mais je perds sa mémoire.

 

Chez lui, le temps n´existe pas.

 

Dans des siècles, je ne l´achèverai pas.

 

Je ne sais pas depuis quand je l´ébauche

--à quoi bon, pourquoi, comment --

si c´est vrai qu´il existe hors de moi

ou n´existe que dans mon esprit :

 

lui, l´innocent ; moi, le coupable;

 

moi, le tortureur ; lui, le torturé;

 

lui, l´exilé; moi, l´incongruent.

 

Et tant je me hasarde en lui, sans le connaître,

que s´il voulait un jour savoir de qui je parle,

ne croirait point que je n´en sais rien

( c´est vrai, je le jure, il est si rare;

je ne connais de lui que les pronoms,

les gros adjectifs et les verbes

employés pour le décrire).

 

Je ne l´ai dans la vie qu´en hypothèse,

en équation tendue pour aboutir à sa thèse,

au concret, plus rien: je n´ai jamais vu ses fèces.

 

Je le vois avec mes sens occultes

à l´instant même où il me tue,

lorsqu´il m’envenime petit à petit,

m´étrangle avec le noeud de sa cravate.

 

J´ai essayé de le prendre de toutes les façons,

l’ai fait danser au son de tant de rythmes,

ai recherché pour lui tant de vocables,

mais il n´est point sot, ne revêt aucune chemise:

 

nulle syntaxe ne le capte,

aucun mot ne le fixe.

 

XVIII 

Je veux me décharger de lui,

me délivrer, mourir,

l´effacer tout à fait de ma conscience.

 

Cependant je suis sa tête:

c´est pour moi qu´il pense.

 

Devrai-je lui servir aveuglement d´exemple,

tandis qu´il, consciemment, fait du tort?

 

Assumer, tout seul, tout son poids?

 

Demeurer nu auprès de lui, vêtu?

 

Vivre avec lui dans les ténèbres?

 

Dégager l´air de ses démons?

 

M´annuler tandis qu´il

de plus en plus s´affermit,

augmente sa glue,

officialise son mal,

prend les corps,           

devient général,

accomplit sa prophétie?

 

Je me décrucifie.

 

Me détache les mains.

 

Baisse mes bras,

décloue les pieds,

reviens sur terre:

 

je renais.

 

Mais, dès mon premier regard,

qui devant moi se replace?

 

Qui me réapprend les premiers pas?

 

Qui est-ce qui braie à mes oreilles,

empeste mon odorat,

qui devant moi maitrise tout, mesure

et me répète le déjà-su?

 

Lui, l´empâté.

 

Lui, le bouffi.

 

Lui, le plat.

 

Lui, le balourd.

 

Celui qui n´a jamais retenu mes leçons.

 

Celui qui m´avertit sans relâche.

 

Celui que j´entends, mais que je n´écoute pas. 

 

Celui qui n´étant pas mystérieux

ne se dévoile quand même pas;

 

celui que je perçois dans le silence

de mon extrême détresse -- le somptueux.

 

Celui aux gros mots sans os.

 

Le calculateur sans nexus.

 

Le puissant du mal.

 

Le perfide.

 

Le flasque.

 

Le lâche.

 

 

Celui qui m’use, mais qui ne m´approuve pas;

 

qui me prend en compte, mais ne me promeut pas;

 

qui m´embue, mais qui avant me calque ;

 

retire ma joie de vivre,

 

rend mes rêves impossibles,

 

crotte sur ma poésie;

 

qui, parmi les parfums, écoeure;

 

qui est de d´huile, moi de l´eau:

 

coule hors de mes veines.

 

XIX

Tout fait croire que je le fantasme,

qu´il est moins que fiction;

 

qu´il s´enregistre dans les blancs   

des bouquins d´Histoire,

n´a jamais marché sous le soleil;

 

que je ne l´ai jamais flairé ni touché,

qu’il n´a jamais frotté son visage au mien.

  

Il ne m´écrit pas.

 

Jamais ne me répond.

 

Vers quinze années auparavant

il habitait déjà dans une autre ville

(sait-on où, maintenant

que j´ai tant déménagé,

que je perds à propos son adresse,

accablé à l´idée qu´il n´existe plus!).

 

Le chagrin qu´il me cause est sinistre,

ternit le midi des paysages,           

décourage mes plans de voyages,

fend le sol, tarit les marécages,

m´oblige à l´exil.

 

Dans l’appartement, en silence,

sous ce tableau sur le mur,

un portrait de lui se cache

sous le fond, subjacent,

étouffé par les mers,

recouvert de boeufs et de verts,

tant que cela me dit encore,

si tant est qu´un jour je l´aie peint.

 

Son portrait abscons

dont je ne fais plus cas,

qui m´est tout à fait égal,

qui a perdu tout sens,

ne me prend plus en gage

ne me regarde plus en face

( prend la texture du foin )

se retire de par la brousse

dans le noir de ma chambre,

tout comme un meuble inutile

symbolisant sa fin.

 

Sans pouvoir le résoudre,

vu qu´il est incontrôlable,

je décide de l’expulser

tel un avortement,

tel qu´il m´a toujours fait:

 

faisant un noeud à son nombril,

le renvoyant à son propre sort,

le livrant à son destin,

le dépeçant d´un seul coup;

 

faisant semblant de l´approuver,

de lui ouvrir tout grand ma porte,

le renfermant hors de moi.

 

Le laissant mal suspendu

à moitié exposé,

à moitié in utero.

 

Ni mort ni vivant:

arrêté dans le temps,

incarcéré dans un livre.

 

Pas aussi dur:

dépendant de mes yeux

pour voir dans le flou.

 

Non plus tellement dangereux,

mais vulnérable à mon jeu,

à mon mourir-de-rire.

 

À un infarctus du myocarde

à cause de mon mépris.

 

Dans son esprit d´écolier

incapable de gérer.       

 

De se rendre à la latrine

faire son pipi.


Texte original paru en livre en 1984

Maison d´éditions João Scortecci

São Paulo – Brésil



ELE

(antipoema de Ademar Ribeiro)

 

I

Mesmo se não o vejo,

sinto que ele me adivinha

na tarde colossal. 

 

Ele me perscruta, policia,

esquadrinha dobra por dobra

do meu traje impossível,

me põe na mão, com seu olhar,

como um livro, no bolso. 

 

Sentado, mudo, em seu trono,

ele é o dono de tudo,

possui as chaves do tempo,

as árvores, o vento,

a água e a poesia

em toda geografia.

 

Ele me sabe e não denuncia

porque arranquei sua língua

 ( entendeu que eu deflorava

a fauna e a flora

e queria me prender

em prisão particular) .

 

Mas pode ser esportivo:

já fomos, juntos, à praia,

corremos pelas campinas,

usei seu bronzeador,

suas lentes “ray-ban”,

para me isolar do sol.

 

Ele é terrível, mas me obedece;

odioso, me adora;

é bondoso e me amola;

quase me adoeceu de tanto me observar,

de chamar minha atenção para o nada

( agora, por pouco, não me devora

com sua vontade, com seu vendaval ) .

 

Ele é anormal:

viu todos meus crimes

e não me apontou.

 

Ele não se decide:

não me guarda consigo,

não vai embora,

não vem comigo,

não me joga fora,

não sei se é homem, mulher, animal,

jamais mostrou documento pessoal.

 

Deve ser uma entidade,

assombração no escuro onde trafego.

 

É cego:

já me confundiu com muita coisa,

pensou que eu era seu escravo,

beijou do meu catarro, no nosso amor,

ensinou-me do alfa ao ômega, em vão.

 

Fez de mim o que bem quis:

viajou comigo nos dentes;

anotou como exemplo

meu nome na lousa,

me expôs a sua gente,

tombou minha vida,

tirou meu xerox,

minha radiografia,

chupou meu sangue

enquanto eu dormia.

 

E se envenenou.

 

II 

Acordei com seu ruído

me intimando a trabalhar

em sua firma universal

(então, não havia morrido?).

 

Exangue, levantei-me

sem mais me perguntar,

comprei todos os jornais

onde se havia estampado

com uma cara abissal,

como se a zombar de mim

por trás dos óculos de grau,

a me convidar, mui polido

- patrão, poltrão -

a dizer “queiras, ou não,

seremos amigos.”

 

Tive ganas de engoli-lo

inteirinho, qual jiboia,

mas tinha carne indigesta

de taciturna mentira

(sequer indaguei por meu sangue

sob sua tez rosada

e a minha, fantasmal ) .

 

Sobre a areia, estendido,

tão bestial vampiro,

que me espantou não temê-lo,

real, costumeiro,

como qualquer ser humano.

 

Disse-lhe então do meu mundo,

falei dos meus entes queridos,

mas ele não me atingiu – bocejou

emborcou-se e dormiu,

hipopótamo, seu sono.

 

III

Ele é qualquer coisa

que não se pode ver;

 

representa-se em mil formas,

mil maneiras de ser disparatadas;

 

mina o âmago das coisas mais amadas;

 

vira, distorcido, o mundo pelo avesso;

 

pretende comprar a alma

do que não tem preço.

 

Costuma fingir que sumiu,

esconder-se de mim, não sei onde,

por um tempo, deixar-me enganado

( brincava de esconde-esconde

ou estive distraído?)

 

Mas sempre dou com seu nariz comprido;

 

descubro - rataplã – o seu dedo,

seu rabo, seu cabo;

 

não tem como não se mostrar,

centopeia, Satã;

 

bater, pelo soalho, com todos os sapatos;

 

crescer-se para me afugentar;

 

encher-se de ar;

 

coaxar;

 

sapo.

 

E quando desaparece,

não é que sumiu de fato

- é quando estou dentro dele

que, de hábito, me engoliu.

 

Colado em suas entranhas,

como posso ver a cara

da monstruosa piranha?

 

Se um dia, por magia,

com ele me defronto,

meu desgosto iria

da náusea ao vômito.

 

Enquanto que, no seu bucho,

habitando seu vazio,

posso varar-lhe as tripas,

espetá-lo em minhas ripas,

instalar-me, cárie, em seu dente,

influir no seu juízo

destapando sua mente,

verrumá-lo como um chucho,

num exercício sutil.

 

Só não posso, de repente,

me aventurar no seu cio,

represá-lo como um rio,

tapar seu riso imbecil,

cortar-lhe a barba.

 

IV

Ele está, ao mesmo tempo,

em toda parte, como Deus;

 

é um só lobo mau

disfarçado em mil ovelhas;

 

nunca ninguém viu-lhe o rosto,

mas lhe descubro as orelhas.

 

Entre nosso pensamento,

há infinita distância

e embora pense, palhaço,

que é ele que ri de mim,

minha função é rir dele

(que outra coisa não faço)

desde os tempos de criança:

 

dos seus planos usurários,

seus conceitos controversos,

suas ideias mesquinhas;

 

da sua sede de, um dia,

fazer-me como ele gosta:

 

medir-me com seu tamanho,

triturar-me em suas vísceras,

 reduzir-me a bosta.

 

V

 Ele não tem pele, nome,

 carne, osso ou desenho.

 

 Incomoda-o minha dor;

 

 o peso do meu olhar;

 

 a maneira como como.

 

 Por isso ele tem por mim

 a vergonha que não tenho,

 e por ele me envergonho

 por se envergonhar por mim.

 

 Nesse clima de lástima,

 vivo por um fio.

 

 Eu sou a boca que mama;

 ele é o peito vazio.

 

 Enquanto engulo o bagaço,

 é ele quem chupa a cana.

 

 Ele é o grande estômago.

 

 Eu sou sua massa gástrica.

 

 Se ele recolhe o ventre,

 sou eu quem se despedaça.

 

 Mas, por mais que ele me odeie,

 não sabe como me abocanhar;

 

 aprendi, das suas, todas as manhas,

 dividi-me em legiões:

 

 posso entrar nas dobras da sua roupa,

 escorregar-lhe entre as mãos, peixe;

 

 possuir feixes de olhos em toda direção,

 excluir-me dele,

 picá-lo, aranha;

 

 ao contrário do que pensa,

 fazê-lo de cobaia na minha experiência.

 

 VI 

 Jogar com ele é a minha delícia;

 

 fazer-lhe entender – embora nunca entenda - 

 que ele é o começo e o fim,

 que ele é tudo que tenho,

 que é só o que vale a pena,

 embora sendo o que é - tão pequeno -

 cabendo dentro de mim,

 que sou quase nada,

 cuspo-o, desdenho.

 

 Quando ele abre a boca - e ele nunca se cala - 

 tudo que fala é maldade ou não tem polpa,

 soa como ladainha ao Demo,

 algaraviado sujo e oco. 

 

 Para manter-me inteiro

 para ele, sou mouco,

 surdo como um travesseiro,

 e lhe dou como resposta

 o desprezo verdadeiro,

 um silêncio mais sonoro

 que pontapé no traseiro.

 

 Por minha causa, ele se acidenta,

 queima-se na brasa do meu cigarro,

 fica nervoso, tropeça no liso,

 solta os cachorros, de descompõe,

 tamborila na mesa, chacoalha os guizos...

 

 Tenho dó dele.

 

 Acho que é bom.

 

 Que se não me dá mais porque é pobre.

 

 Que já não me apagou porque não pode.

 

 Tem as mãos de palha.

 

 

VII 

 Se ele pudesse, brigava comigo,

 xingava minha mãe, mas sou seu irmão.

 

 É apache demais( eu sou tão xingu! )

 

 Seu pai é do Norte ( o meu é do Sul? )

 

 Não é meu amigo, não somos rivais,

 não sei o que é, ele não se conhece.

 

 Fotografo-o no que ele me faz,

 no que me fez, desde criança,

 ostentando sapatos,

 eu de pés no chinelo;

 

 tirando-me do corpo a dança,

 a carne do osso,

 do espírito, a paz;

 

 com minha beleza, bonito,

 brotando com minha raiz,

 toma sempre minha vez,

 atrapalha minha voz,

 atropela-me a reza,

 corta-me, zás, o pescoço,

 torna meu sangue em giz. 

 

 Ele quer me sujeitar, corrupto,

 a lhe render tributo

 porque inventei outro número,

 uso minhas próprias cores,

 ouso sempre um tom a mais:

 

 erra minhas contas,

 desbota minhas roupas,

 come minha música nota por nota,

 vira cavalo, trota, perde-se de vista.

 

 Para encabrestá-lo, tenho de ser artista.

 

 Onde quer que eu vou, ele está

 comigo, por toda parte,

 amarrado no meu cinto

- São Paulo, Japão, Iraque,

 Açores, Minas Gerais

 Antilhas, Estreito de Gibraltar -

 configurando-se nos mapas,

 a sorrir de mim do alto

“un poco de mi más arriba”.

 

 Com ele não posso nada,

 mas tudo quero com ele:

 

 no tempo que ainda me falta,

 vou traçando seu perfil,

 trabalhando seu retrato,

 pois, embora caricato, ranho,

 é tudo que tenho na vida.

 

 VIII

 Ele, quando eu nasci, já havia

 preparado meu lugar no mundo.

 

 Sendo, com os seus, rico e feliz,

 fez-me, e aos meus, atroz e pobre,

 determinou o que eu seria,

 lançou-me no fosso profundo,

 entregou-me a Deus, o safado,

 sabendo que deus não existia.

 

 E na gosma da noite canhestra

 onde com ele, sem querer, me irmano,

 tento compreendê-lo pela Astrologia;

 

 rendo-me à ideia de que ele emana

 da escura bruma do último dos planetas

- de Plutão, de Saturno ou de Netuno -

 para me sacudir com sua força cósmica.

 

 Para saber seus desígnios,

 desmascarar seus mistérios,

 finjo que com ele me engano,

 mas possuo, como ele, todos os signos,

 jogo com ele o seu jogo:

 

 quando ele é ar, eu sou terra;

 

 quando ele é terra, sou fogo;

 

 quando ele é fogo, sou água

 

 e quando é água, sou ar;

 

se é Peixes, sou Aquário;

 

 se Netuno, sou Urano.

 

 Examino-o à luz fria,

 desencapelo seu mar,

 vadeio seu oceano.

 

IX

 De tempos em tempos, quando o fotografo

- ele gosta de fotos nítidas -

 tremo seu retrato.

 

 Enquadro-o num canto de céu tormentoso,

 atordoo-lhe o perfil,

 enriqueço-lhe a imagem;

 

 sopro-lhe um cisco no olho,

 espero seu riso mais torto,

 capto sua boca mais dramática,

 procuro torná-lo vulnerável

 humanizando-o com a minha máquina.

 

 Mas ele estraga tudo isso,

 enquadra minha alma

 no duro vidro dos óculos

( esqueço sempre que ele, de antanho,

 estuda meu lado psicológico).

 

 Resultado: não saem boas as fotografias,

 cai areia no diafragma,

 o filme se perde,

 a máquina enguiça.

 

 Para apreendê-lo, no visor ou na vida,

 tenho de estreitá-lo ao máximo,

 reduzi-lo mais do que é,

 colocá-lo em partes,

 uma sobre a outra,

 dado por dado,

 pé ante pé,

 para não acordá-lo:

 

 se, no passado, ele quase me trucidou,

 hei de, no futuro, cavalgá-lo,

 fazer-lhe pagar dívidas antigas,

 deformando-o como quero,

 tornando-me como ele não quer;

 

 saindo, durante seus sonos,

 de uma das suas barrigas.

 

 X

 Não sei por que me gasto por ele,

 se, quando o chamo, ele me rejeita

 e, quando me mostro, ele não me vê,

 segue meu rastro quando me escondo.

 

 Se, quando me nego, ele me reclama;

 se, quando o amo, ele me digere;

 se estando perto, me desola;

 

 se, quando me entrego, ele me engana

 e, quando estou sozinho, ele vai embora,

 não serve para nada, a não ser

 agravar minha solidão,

 entremostrar-se e sumir

 na hora em que julgo cerrar sua mão.

 

 Tem uma parte dele que é igual a mim,

 mas está desagrupada: o braço, na Paraíba;

 a perna, na Guatemala; o estômago, na China.

 

 Para resistir ao mal que é ele,

 infiltro-me em suas sedes,

 derrubo certas paredes,

 recolho o que há de bom,

 reconstruo-lhe novo corpo,

 novo espaço, novo som;

 

 estou jogando, a todo instante,

 aos urubus, sua pele,

 diante do seu velho rosto,

 demolindo-o sem medida,

 como ele mediu meus atos;

 

 como, dentro de um quadro exato,

 cerceou minha vida.

 

XI 

 Lado a lado com ele, anos a fio,

 não tenho perspectiva para constatá-lo todo:

 

 está muito perto dos meus olhos;

 

 eu, dentro demais do seu lodo.

 

 

 Para vê-lo melhor, teria de afastar-me, afastá-lo,

 examiná-lo à noite, sob a lâmpada, à mesa,

 enxugar nos mapas seu rastro de sangue,

 manter-me a salvo, em lugar seguro,,

 entrevistá-lo no vídeo, no rádio,

 resguardar-me dos seus ódios,

 revelá-lo em um laboratório,

 enclausurar-me, exilado.

 

 Mas toda minha vida tem sido

 chafurdar com ele no escuro,

 desbaratar seu lado mau,

 conclamar sua parte boa,

 demover seu todo estático,

 ensinar-lhe o amor geral,

 perder para ele minha pessoa:

 

 desfigurado, delineá-lo.

 

 

XII

 Ele não é um ser.

 

 Não é coisa.

 

 Bicho.

 

 Índio.

 

 Negro.

 

 Operário.

 

 Não é gente.

 

 Não é um só.

 

 Não é vário.

 

 Divide-se em dois

 sobre a Terra.

 

 Mal posso ponderá-lo.

 

 Difícil é concebê-lo. 

 

 Formulá-lo, impossível.

 

 Carece malícia pensá-lo,

 influí-lo sem demagogia;

 

 do seu ente abstrato,

 extrair seu estado vivo:

 

 juntar seus dentes, nas Antilhas,

 aos cabelos, nas Caraíbas;

 seu apêndice, em Cabedelo,

 às lágrimas, no Mar Vermelho;

 à sua carne, em Minas,

 seu esqueleto, no Crato.

 

 Tenho mais que remontá-lo

 rimando-o com a minha dor,

 incluir-me no seu tema,

 costurá-lo com versos de arame,

 conter, no papel, sua fúria,

 engendrar, com seus destroços,

 um único, em El Salvador:

 

 dedicar-lhe meu antipoema.

 

 XIII

 Sem amor, o opero.

 

 Preciso, para combatê-lo,

 ser como ele, de gelo,

 possuir aura dura;

 

 ter o verbo de aço,

 rimas de bala,

 palavras de tiro.

 

 Como ele não tem nome,

 referi-lo pela tangente,

 desaprendê-lo até o zero,

 fazer da sua guerra literatura:

 

 em uma carta geográfica,

 desenhados, nos metralharmos,

 emborcarmos o mar,

 misturarmos léguas e milhas,

 rasgarmos o Continente

 por um punhado de ilhas;

 

 ser, com ele, impessoal

 nas falas do dia-a-dia:

 

 não lhe vender meu real,

 não comprar sua fantasia,

 observar sua topografia,

 sua forma anarquizada,

 não subverter sua ordem,

 ir até onde me quer levar.

 

 Mas, de leve, arranhar sua moral;

 

 colocar-me, pedra, em seu caminho;

 

 fazer do meu silêncio seu impasse:

 

 tudo sabendo, não o aconselhá-lo:

 deixá-lo, sozinho, suicidar-se.

 

 Se o contenho, ele franze o cenho,

 se franzo o cenho, me morde,

 afoga-me no meu canal,

 me estrangula em meu estreito,

 descarta-me do meu desenho,

 espreme-me de cima em baixo,

 me encurrala no meu istmo.

 

 Com sua parte sã, dispersada,

 que já nem sei se ainda existe,

 agrupo em mim um regimento

 para lutar pela vida:

 

 nosso organismo “caliente”

 contra sua coisa fria;

 nossa frota dissidente

 contra sua real armada.

 

 Entre nosso ódio inútil

 e nosso amor impossível,

 quero morrer - decido-me –

 em plena zona de fogo,

 bombardeado por seus mísseis,

 senão erradicá-lo para sempre,

 fechar, “for ever”, nosso ciclo.

 

 XIV

 Não sei do que ele se alimenta, onde habita;

 

 se está dentro ou fora do Planeta;

 

 se é bondoso, pérfido,

 se cornudo, perneta,

 etéreo, tem corpo...

 

 Sei que existe.

 

 Senta sobre mim, no meu despertar.

 

 Vem no meu café, amarga.

 

 Breve, no meu chá,

 tem gosto de sabão.

 

 É tudo o que escrevo e mais:

 

 excede minha verve,

 cobra-me correção,

 exige as vírgulas nos lugares certos,

 é tão impreciso, complexo

(por que não me ensinou como fazê-lo?).

 

 Na sua baba escorrego.

 

 Seguro-o pelo pelo.

 

 Teço-o pouco a pouco, esforço-me.

 

 Torço-o, torce-me,

 eu enérgico, ele frouxo,

 mas nunca o ajusto na medida,

 encontra sempre uma maneira de escapulir uma perna, um braço,

 cai por inteiro,

 intercepta o próprio ritmo,

 ao nascer já me domina,

 determina como se quer.

 

 Por convenção, devia obedecê-lo, mas

 arranjo uma forma de desencaminhá-lo

 para enganá-lo a ele mesmo,

 quando aqui, um dia, flatulento, se ler;

 

 de desprestigiá-lo com graça;

 

 com o carinho próprio dele, destruí-lo,

 apontando-lhe seu nada, seu quase,

 mostrando-lhe que, mesmo sendo como me forjou – infeliz, marginal –

 o domino:

 

 se ele fez meu destino por fora,

 usá-lo-ei sempre dentro do meu verbo,

 forjar-me-ei, queira ou não, dentro da sua história.

 

XV

Ele se põe às vezes em um setor que não alcanço.

Sua posição mais constante é fingir-se de difícil,

passar entre mim,

letal, mercuroso,

minar minha resistência com pequeninas coisas,

com os dedos mínimos, beliscar-me a carótida,

matar-me, quem sabe, com um sopro no coração.

Mas, por capricho, não morro. 

 

Gosto de brincar com ele,

ofender seu mecanismo,

deixá-lo um tempo sem rosto,

por minha causa, indeciso,

de si mesmo duvidoso,

sem saber se é cedo ou tarde,

se é macho ou fêmea,

branco ou preto,

heroi ou covarde;

 

misturando o que organiza,

desmontando-o qual relógio,

com uma minúscula pinça.

 

 XVI

Vivo para alimentá-lo

encher o que nele é oco.

 

Preciso do seu deserto

para sentir-me vivo;

 

para sentir-me limpo,

frequentar sua carniça.

 

Precisa sua frialdade,

o meu sangue no pescoço;

 

sua índole periférica,

do meu fazer conciso;

 

seu estofo de boneca,

do meu fluxo generoso.

 

Trabalho para ele,

mas não sei quem é

( para quem trabalho,

 o que ele fabrica? )

 

Na sua máquina sou

peça interrogativa.

 

XVII

Há muito não o entrevisto,

e acabo de vê-lo agora.

 

Já desaparece na curva,

seguro-o pela camisa,

mas perco sua memória.

 

Com ele, tempo não tem.

 

Em séculos, não vou terminá-lo.

 

Não sei quando o comecei

- como, por que, para -

se fora de mim existe

ou, coitado, padeça em minha mente:

 

ele o inocente, eu o culpado;

 

eu o torturador, ele o torturado;

 

ele o exilado, eu o incongruente.

 

E tanto nele, sem conhecer, me aventuro,

que, se um dia quiser saber de quem falo,

não acreditará que não sei

( verdade, juro, é tão ralo,

só lhe conheço os pronomes,

os gordos adjetivos,

e os verbos que usei para encarná-lo).

 

Dele só tenho, como hipótese, a própria vida,

equação armada para chegar a sua tese;

 

de concreto, mais nada: nunca vi suas fezes.

 

Vejo-o com os sentidos ocultos,

já no instante em que me mata,

enquanto me envenena aos poucos

ou me trucida com o nó da gravata.

 

Tentei prendê-lo de todas as formas

fi-lo dançar ao som de muitos ritmos,

escolhi para ele tantos vocábulos,

mas ele não é bobo, não veste nenhuma imagem:

 

nenhuma sintaxe o capta,

nenhuma palavra o fixa.

 

XVIII

Quero desincumbir-me dele,

libertar-me, morrer

(desesperar já não basta)

apagá-lo de vez da consciência,

mas sou a sua cabeça:

por mim é que ele pensa.

 

Deverei ser seu exemplo cego,

enquanto ele, consciente, erra?

 

Assumir, sozinho, todo seu peso?

 

Ficar, entre ele, vestido, nu?

 

Conviver com ele nas trevas?

 

Limpar o ar dos seus exus?

 

Anular-me, enquanto ele

mais e mais se evidencia,

multiplica-se em visgo,

oficializa seu mal,

toma os corpos,

torna-se geral,

cumpre sua profecia?

 

Descrucifico-me.

 

Solto as mãos,

abaixo os braços,

descravo os pés,

retorno ao chão:

 

de novo, nasço.

 

Mas, ao meu primeiro olhar,

quem, diante de mim, se afigura?

 

Quem me re-ensina os primeiros passos?

 

Quem é que, aos meus ouvidos, zurra,

fede ao meu olfato,

que, em mim, tudo mede, regula

e me desfia, ululante, tudo que eu já sabia?

 

Ele, o pastoso.

 

Ele, o papudo.

 

Ele, o chato.

 

Ele, o burro.

 

O mesmo do começo, que nunca aprendeu minhas lições.

 

Aquele que sempre me adverte.

 

O que sempre ouço, mas não ouço.

 

O que nem é misterioso,

nem por isso se revela;

 

que percebo no silêncio

da minha extrema pobreza - o pomposo.

 

O das gordas palavras sem osso.

 

O calculador sem nexo.

 

O poderoso do mal.

 

O pérfido.

 

O flácido.

 

O frouxo.

 

O que me usa, mas não me aprova;

 

que me valoriza, mas não promove;

 

que me embaça mas, antes, copia;

 

tira minha alegria de viver,

impossibilita meus sonhos,

suja na minha poesia;

 

que, nos perfumes, nauseia;

 

que é óleo, e eu sou água,

 

me corre fora das veias.

 

XIX

Tudo faz crer que o imagino,

que é menos que ficção;

 

que se registra entre as linhas

dos compêndios de História,

jamais caminhou sob o sol,

apalpei-o, bafejou-me,

esfregou sua cara na minha.

 

Nunca me escreve.

 

Nunca me responde.

 

Há quinze anos atrás,

já morava em outra cidade

( imaginem, agora, onde,

que já me mudei tantas vezes,

que já perco, a propósito, seu endereço,

adoeço ao pensar que não existe mais! )

 

A mágoa que tenho dele é sinistra:

 

escurece o meio-dia das paisagens,

dissuade meus planos de viagens,

fende o chão, seca as várzeas,

obriga-me ao exílio.

 

No apartamento, em silêncio,

sob esse quadro na parede,

haverá um seu retrato

ao fundo, subjacente,

sufocado pelos mares,

coberto por bois e verdes,

se é que tenho a ver com isso,

se é que um dia o hei pintado.

 

Seu retrato abstraído,

por mim desacreditado,

que já não faz diferença,

perde todos os sentidos,

não me toma em compromisso,

já nem me olha na cara

( tem textura de capim )

retira-se dentro do mato,

na penumbra do meu quarto,

pendurado como tralha,

simbolizando seu fim.

 

Como não posso resolvê-lo

como ele é incontrolável,

resolvo abandoná-lo agora

de uma forma abortada,

como ele fez comigo:

dando um nó no seu umbigo,

entregando-o à própria sorte,

largando-o ao próprio destino,

cortando-o num golpe abrupto;

 

fingindo que lhe aderi,

abrindo a porta pra ele,

trancando-o fora de mim.

 

Deixando-o mal, em suspenso,

com uma metade exposta,

a outra dentro do útero.

 

Nem morto, nem vivo:

entalado no tempo,

encarcerado em um livro.

 

Já nem tão duro:

 

dependente dos meus olhos

para enxergar no escuro.

 

Nem tão sério e perigoso,

mas vulnerável ao meu gozo,

ao meu morrer-de-rir. 

 

A um infarto do miocárdio

pelo meu escárnio.

 

Com sua mente escolar,

proibido de gerir.

 

Sem poder ir à casinha

fazer seu pipi.

 

 

 

Texto publicado em livro em 1984

Editora João Scortecci

 

São Paulo – Brasil