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MORT DE MADAME LANGEREAU
Sainte-Perdure, lundi 11 juillet
“Tout était bouffé dedans” propos rapportés par l’Apache, attribués aux urgentistes
Y a enfin de l’air, tout sent le maïs
et l’Atlantique derrière,
ma loupiotte éclaire parfaitement mal,
c’est le meilleur moment des vacances pour l’instant,
sur le vélo de mon père qui grince,
je traverse dans le noir des nuées
de petits insectes durs qui collent à la sueur.
Le-Petit-Boutemaille, Le-Grand-Boutemaille, Les-Groies,
Route de Saint-Sulpice, et si je taillais au droit ?
ça fait bien dix bornes que je roule mais tant pis,
vais-je passer devant le moulin où j’ai épousé Madara ?
Putain une moissoneuse ! juste au ras le chemin,
les graines qui coulent comme du jus de terre.
00h50. C’est déjà les lumières douces du bourg,
la Pouchaume avec notre ancienne maison,
la fenêtre de ma chambre dans les combles,
en face la pub des meubles Orgé, odeur de gros tabac
et de linge de sport qui sèche mal, l’orage arrive.
Madame Langereau débouche une bouteille d’acide chlorhydrique.
Jean-François Bardeligne