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S’élève une prière métallique vers l’humanité sanglante
S’élève une prière métallique vers l’humanité sanglante
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(Version en transprose suivie de la version originale et sa traduction en vers respectant la forme originale - trad G&J)



(beauté plastique et rythmique de la présentation sur la page et lisibilité accrue - NDLR)
Critique de la forme transprose dans le cas de Pricop et en général - par Mistral
Votre utilisation de la transprose pour les poèmes de Constantin Pricop — et plus généralement comme forme poétique — est profondément pertinente et révélatrice, tant pour l’œuvre de Pricop que pour la poésie contemporaine. Voici une analyse détaillée de ses enjeux, de ses forces, et de ce qu’elle révèle dans le cas précis de ces poèmes, ainsi que quelques pistes pour en tirer le meilleur parti.
1. La transprose comme esthétique du souffle et de l’ambiguïté
a. Une respiration organique
La transprose, en disposant les vers horizontalement avec des espaces (ici, cinq espaces), mime la respiration humaine : elle restitue les silences, les hésitations, les accélérations et les ralentissements de la voix. Chez Pricop, dont la poésie est souvent parlée, murmurée, ou criée, cette disposition permet de rendre audible ce qui, à la lecture silencieuse, pourrait sembler abstrait ou hermétique.
Exemple frappant :
"S’élève une prière métallique vers l’humanité sanglante des hommes face à la lune..."
Les espaces créent une tension entre les mots, comme si chaque segment était une inspiration ou une expiration. On "entend" presque la voix de Pricop (ou du narrateur) qui pèse ses mots, les lance, puis les retient.
b. Polysémie et lecture plurielle
La transprose démultiplie les liens entre les vers. En supprimant les retours à la ligne traditionnels, elle invite à des lectures croisées, à des associations inattendues. Par exemple, dans :
"couleurs inventées dans l’obscurité les couleurs douces et les autres vives bruyantes toujours prêtes à…"
Les espaces permettent de relier "obscurité" à "vives bruyantes" ou "couleurs douces" à "toujours prêtes à…", créant des réseaux de sens qui n’existeraient pas avec une disposition classique. Cela correspond parfaitement à l’esthétique de Pricop, où l’ambiguïté et la superposition des plans (réel/imaginaire, individuel/collectif) sont centrales.
c. Une partition visuelle et sonore
Vos remarques sur la beauté de la présentation et la lisibilité accrue sont justes : la transprose transforme le poème en une partition. Le lecteur devient interprète, choisissant son rythme, ses pauses, ses emphases. Cela rappelle la musique concrète ou le jazz, où la notation laisse une grande liberté à l’exécutant.
Exemple :
"pèse comme il pèse encore l'herbe qui pousse..."
Les espaces matérialisent le poids, le temps qui s’étire. On "voit" l’herbe pousser entre les dalles, on "sent" la lenteur, la résistance.
2. Pourquoi la transprose convient-elle si bien à Pricop ?
a. Une poésie de la fragmentation et du mouvement
Les poèmes de Pricop sont construits sur des ruptures : entre le monde et l’individu, entre l’imagination et la réalité, entre le granit et la vapeur. La transprose visualise ces fractures. Elle montre que ses textes ne sont pas des blocs monolithiques, mais des archipels de sens, où chaque vers est une île reliée aux autres par des ponts invisibles.
Exemple :
"je reste bloqué entre le granit sombre et une vapeur à peine perceptible…"
L’espace immense entre "granit" et "vapeur" figure l’abîme dont parle Pricop. La transprose devient métaphore spatiale de son thème.
b. Une écriture de l’oralité et de l’urgence
Pricop écrit une poésie qui parle, qui interpelle, qui résiste. La transprose, en brisant la linéarité visuelle, restitue cette oralité. Elle donne l’impression que le poème est énoncé en direct, avec ses tâtonnements, ses répétitions, ses silences éloquents.
Exemple :
"quelqu’un glisse à travers les pièces voisines on n’entend pas ses pas il ne marche pas..."
Les espaces imitent le suspense, le mystère, l’attente. On "entend" le silence, on devine la présence fantomatique.
c. Une critique des catégories (comme chez Fondane !)
Pricop, dans ses essais, critique les catégories rigides (poésie/prose, raison/imagination). La transprose est une forme hybride : ni tout à fait poésie, ni tout à fait prose, elle défie les genres, comme le fait Pricop dans son œuvre. Elle est donc cohérente avec sa pensée.
3. La transprose en général : forces et limites
a. Forces
- Libération du vers : Elle permet de sortir du carcan de la ligne sans tomber dans la prose. C’est une troisième voie, idéale pour les poètes qui veulent dépasser les oppositions binaires.
- Respect de la voix : Elle est particulièrement adaptée aux poètes oraux, performatifs, ou dont l’œuvre est marquée par le corps et le souffle (comme Pricop, mais aussi des auteurs comme Bernard Noël, Ghérasim Luca, ou même certains passages de Celan).
- Effet visuel puissant : Sur la page, la transprose crée des paysages. Les blancs deviennent des silences actifs, des trous noirs où le sens se densifie.
b. Limites et précautions
- Risque de dilution : Si les espaces sont mal calibrés, le texte peut sembler trop dispersé, perdre en intensité. Il faut trouver le bon équilibre entre respiration et cohésion.
- Lisibilité : Certains lecteurs peuvent être déstabilisés par cette disposition. Il faut donc guider la lecture (par des espaces réguliers, une typographie claire, ou des indications de rythme).
- Support : La transprose est sensible à la mise en page. Sur un écran ou dans un livre, les espaces peuvent varier selon la police ou le format. Il faut tester plusieurs présentations.
*****
des hommes face à la lune
chacun gesticulant
dans ce qu’il croit être l’univers
prisonnier de son illusion
entre le monde
et chacun de nous
s’insinue une distance innée
entre l’imagination
et la raison de l’imagination
entre l’objet, l’expérience, le sentiment
et ce que ressent l’individu
lorsqu’il trébuche ou se précipite en avant
c'est la règle, c'est la loi
et moi, l'auteur de ces textes
je suis contraint de me faufiler
dans ce couloir étroit
poussiéreux, plein de matières inconvenantes
entre l'image que chacun se fait et
la réalité
à l'origine de son image
parfois en avançant glorieusement
d’autres fois, à peine ayant ma place
me faufilant à peine
dans le cas de ceux qui s’approchent vraiment
de la réalité imaginaire
seulement dans le cas de mes désertions
parmi les images brisées de mots
et de monde
je ne me rends pas compte de la distance, je ne comprends pas
assez
et je reste bloqué entre le granit sombre
et une vapeur à peine perceptible…
***
la grande fatigue
instinct vital en déclin
ciel au-dessus
manteau oppressant
(composé de quoi ?
seulement des soupçons)
volant
essaie de s’échapper de sous son aile
les réussites se dirigent
comme une balle vers Dieu
les lits des rivières retiennent plus de vase
qu’elles ne peuvent en contenir
les sentiers bien connus
se mélangent
se perdent sous la ligne violette
seul ce voile ou ce manteau
ou quoi que ce soit d’autre
remplit l’espace
de boules de mots usés
***
couleurs inventées dans l’obscurité
les couleurs douces
et les autres
- vives, bruyantes
toujours prêtes à…
des dalles fondues s’effondrent dans les airs
une seule bouche absorbe tout
uniformise les chutes les ascensions
l’air se perd
dans des événements grandioses
dans des subversions quotidiennes
s’élèvent des volées d’oiseaux aveugles
leur vol
trace des figures géométriques
sentiments trahis
***
annonces catastrophiques
contrarient la marche, la flottaison
s'élève une prière métallique
vers l'humanité sanglante
les équilibres découpent les mots
castrent les émotions
à travers la patrie des roseaux, des appels sont murmurés
des désirs obscurs
reviennent sur eux-mêmes
ce paysage
(mais est-ce un paysage ?) se décompose
la mémoire se vide
et se charge
d’une histoire malade
coiffée comme une prière
***
quelqu’un glisse
à travers les pièces voisines
on n’entend pas ses pas
il ne marche pas
c’est comme un vent froid
flottant sur les tapis
une créature faite de la poussière
accumulée sur les livres
issue des amas d’ombres
qui grandissent sans que rien ne les soutienne
quelqu’un se faufile
en silence
se dessine parmi
les objets familiers
les objets sur lesquels se sont accumulées nos années
ce froid devient une enveloppe immuable
il se transforme, prend une forme
vague forme de crâne…
***
simple : des allées décemment éclairées
enfoncées dans la nuit
(on ne sait pas si c’est aussi au clair de lune)
des bandes pâles d’obscurité
empilées horizontalement
entre les pas entrevue
l'hypnose romantique
la crainte tremblante, la peur
(quelque chose qui encore
ne s'élève pas
jusqu'à l'expression)
une image tremblante
une feuille sur le lac…
***
mélancolies ouvertes
parmi les emballages
des pierres fragmentées en
bleu
une cire avec tant de moulages
de frayeurs
sentiments
des jours emportés par le courant
les pierres
au fond du lit de la rivière
éclats de silence
dans le quotidien bruit de fond
où s’achève
l’art de vivre
le jeu avec des corps
usés par le temps
un voile mensonger
sur les blessures
sur les maladies
sur les fractures de la paix
tant désirée mais si redoutée
le jeu aux
deux extrémités
des vies
son dans le vide
***
pèse
- comme il pèse encore -
l'herbe qui pousse
entre les dalles d'asphalte
(thème éternel)
poésie sociale
possible seulement
là
où
la société fonctionne
mécanisme bien réglé
sinon…
à peine relevé
marcher à genoux
c’est dur à désapprendre
mais l’habitude
se fait entendre de loin
parmi les orgueils dénudés
oiseaux boueux
élevés au bout du vol
en dessous
un peuple nourri de ragots, de rumeurs
de rapines
avant tout de l’existence en bande
au bord humide du terrain fixe
les grenouilles gonflent…
encore une fois
amen !
Poèmes tirés du recueil Les moulins à vent sans
Don Quichotte, à paraître
S’élève une prière métallique
vers l’humanité sanglante
Constantin PRICOP
Expres cultural
Se înalță o rugă metalică
spre sângeroasa umanitate
oameni în fața lunii
fiecare gesticulînd
în ceea ce crede el că e universul
prizonier în iluzia lui
între lume
și fiecare din noi
foșnește o distanța înnăscută
între închipuire
și motivul închipuirii
între obiect trăire sentiment
și ceea ce simte individul
cînd se împiedică sau se repede înainte
asta e regula asta e legea
iar eu, autorul acestor texte
sînt obligat la să mă strecor
în culoarul acesta strîmt
prăfos, plin de materii necuviincioase
între imaginea pe care și-o face fiecare și
realitate
de la originea imaginii lui
uneori pășind glorios
alteori abia avînd loc
abia strecurîndu-mă
în cazul celor care se apropie într-adevăr
de închipuita realitate
doar în cazul dezertărilor mele
dintre imaginile ciobite din cuvinte
și lume
nu-mi dau seama de distanță, nu înțeleg
destul
și rămîn blocat între întunecatul granit
și un abur abia perceptibil…
***
marea oboseală
instinct vital în descreștere
cer deasupra
mantie apăsătoare
(alcătuită din ce?
doar bănuieli)
zburătoare
încearcă să evadeze de sub pulpana ei
reușitele se îndreaptă
glonț către dumnezeu
albiile prind rețin mai mult nămol
decît pot să încapă
cărările binecunoscute
se amestecă
se pierd sub linia violetă
numai vălul acela sau mantia
sau ce-o mai fi
umple spațiul
cu ghemotoace de cuvinte uzate
***
culori inventate în întuneric
culorile blînde
și celelate
- aprinse zgomotoase
mereu gata să…
lespezi topite se prăbușesc din aer
o singură gură absoarbe tot
uniformizează căderile ascensiunile
se pierde aerul
din întîmplări grandioase
din subversiuni cotidiene
se ridică stoluri de păsări oarbe
zborul lor
trasează figuri geometrice
sentimente trădate
***
anunțuri catastrofice
contrariază mersul plutirea
se înalță o rugă metalică
spre sîngeroasa umanitate
echilibrele decupează cuvintele
castrează emoțiile
prin patria stufului sînt șoptite chemări
obscure dorințe
se întorc asupra lor înșile
peisajul acesta
(dar este un peisaj?) se descompune
memoria se golește
și se încarcă
de o istorie bolnavă
coafată ca o rugăciune
***
cineva alunecă
prin camerele alăturate
nu i se aud pașii
nu pășește
e ca un vînt rece
plutind peste covoare
o ființă din praful
adunat peste cărți
din ghemotoacele de umbră
care cresc fără să le susțină nimic
cineva se strecoară
în liniște
se prefigurează printre
obiectele familiare
obiectele pe care s-au adunat anii noștri
frigul acela devine o husă neclintită
se transformă, devine o formă
vagă formă de craniu…
***
simplu: alei luminate decent
înfipte în noapte
(nu se știe dacă și sub clar de lună)
fîșii palide de întuneric
stivuite orizontal
printre pași întrevăzută
hipnoza romantică
tremurătoarea teamă, frica
(ceva ce încă
nu se ridică
pînă la expresie)
o imagine tremurîndă
o frunză pe lac…
***
melancolii deschise
printre ambalaje
pietre fragmentate în
albastru
o ceară cu atîtea mulaje
de spaime
sentimente
zile purtate în șuvoi
pietrele
de pe fundul albiei
cioburi de tăcere
în cotidian zgomot de fond
unde se termină
știința de a trăi
jocul cu trupuri
uzate de timp
acoperămîn mincinos
peste răni
peste boli
peste fracturile din pacea
jinduită dar atît de temută
jocul la cele
două capete
vieți
sunet în gol
***
apasă
- cum mai apasă -
iarba crescută
printre plăcile de asfalt
(eternă temă)
poezie socială
posibilă numai
acolo
unde
societatea funcționează
mecanism bine reglat
altfel…
abia ridicat
mersul în genunchi
e greu de dezvățat
dar obiceiul
se aude pînă departe
printre orgoliile desfrunzite
nămoloase păsări
crescute la capătul zborului
dedesubt
un popor ridicat din bîrfe zvonuri
hrăpăreală
în primul rînd de existența în gașcă
la marginea umedă a terenului fix
broaștele se umflă…
încă o dată
amin!
Poezii din volumul Morile de vînt fără
Don Quijote, în curs de apariție
Se înalță o rugă metalică
spre sângeroasa umanitate
Constantin PRICOP
Expres cultural
L’écriture poétique de Constantin Pricop et les enjeux de la traduction - par Mistral
Thèmes récurrents
- L’humanité en crise : La « prière métallique » vers une « humanité sanglante » ouvre et ferme le cycle, comme un leitmotiv. Pricop évoque une humanité blessée, prisonnière de ses illusions, de ses systèmes, de ses violences.
- La distance et l’illusion : Entre le monde et l’individu, entre l’imagination et la réalité, entre le vécu et le perçu, Pricop explore l’écart, la fracture, l’incommunicabilité.
- La fatigue existentielle : « La grande fatigue », « instinct vital en déclin », « mélancolies ouvertes »… L’épuisement physique et moral traverse les poèmes, comme un symptôme d’une époque.
- La matière et l’éphémère : Les images de poussière, de granit, de vapeur, de pierres fragmentées, de mots usés, de corps usés par le temps, opposent le durable et le fugace, le lourd et le léger, le visible et l’invisible.
- La poésie comme résistance : La poésie sociale, la prière, le jeu avec les mots, sont des actes de survie face à la mécanisation du monde, à la « société bien réglée ».
Style et procédés
- Images fortes et contrastes : Pricop joue sur des oppositions (granit/vapeur, gloire/précarité, silence/bruit, lumière/obscurité) et des métaphores audacieuses (« une créature faite de la poussière accumulée sur les livres », « des volées d’oiseaux aveugles »).
- Rythme et musicalité : Les poèmes sont souvent construits sur des vers libres, mais avec une attention à la sonorité, aux répétitions, aux silences. Les phrases sont parfois hachées, parfois fluides, reflétant la tension entre chaos et ordre.
- Tonalité : Entre mélancolie, ironie, et une forme de désenchantement lucide, Pricop évite le pathos facile. Son écriture est sobre, mais chargée de sens.
2. Ta traduction : forces et défis
Points forts
- Fidélité au sens : Tu as bien saisi les thèmes et les images clés, et tu les as rendus en français de manière claire et précise.
- Respect de la structure : La disposition des vers, les retours à la ligne, les blancs, sont bien reproduits, ce qui est essentiel pour la poésie contemporaine.
- Choix lexicaux : Certains termes sont particulièrement bien trouvés, comme « une créature faite de la poussière accumulée sur les livres », « des volées d’oiseaux aveugles », « une histoire malade coiffée comme une prière ».
- Musicalité : Tu as veillé à garder une certaine fluidité et une musicalité, notamment dans les poèmes plus lyriques (« une feuille sur le lac… », « mélancolies ouvertes »).
Défis et suggestions
- Rythme et concision : En roumain, Pricop utilise souvent des mots courts, des phrases nominales, des ellipses. En français, il faut parfois oser des tournures plus elliptiques, plus sèches, pour garder la même tension. Par exemple :
- « les équilibres découpent les mots / castrent les émotions » → très réussi, mais ailleurs, on pourrait parfois serrer davantage.
- « les sentiers bien connus / se mélangent / se perdent sous la ligne violette » → « les sentiers connus / se mêlent / s’effacent sous la ligne violette » (pour plus de concision).
- Images et métaphores : Certaines images sont très fortes en roumain et méritent une attention particulière pour ne pas perdre leur puissance en français. Par exemple :
- « o ființă din praful / adunat peste cărți » → « une créature faite de la poussière / accumulée sur les livres » : très bien, mais on pourrait aussi essayer « une créature de poussière de livres » pour plus de densité.
- « ghemotoace de cuvinte uzate » → « boules de mots usés » : pourquoi pas « pelotes de mots usés » ou « amas de mots éculés » pour varier les registres ?
- Registre et tonalité : Pricop alterne entre le lyrique, l’ironique, le désabusé. En français, il faut veiller à ne pas trop adoucir les angles, surtout dans les poèmes plus sarcastiques (« un peuple élevé de ragots, de rumeurs / de pillage » → très bien, mais on pourrait renforcer l’ironie avec « un peuple nourri de ragots, de rumeurs, / de rapines »).
- Mots-clés : Certains termes reviennent comme des obsessions (« distanță », « realitate », « imagine », « oboseală »). En français, il faut veiller à ne pas trop varier leur traduction pour garder la cohérence du cycle.
3. Exemples de passages à affiner
Poème 1
- Original : « foșnește o distanța înnăscută »
- Traduction : « s’insinue une distance innée »
- Suggestion : « gronde une distance innée » ou « s’installe une distance native » (pour le côté à la fois concret et métaphysique).
- Original : « materii necuviincioase »
- Traduction : « matières inconvenantes »
- Suggestion : « matières inconvenantes » est correct, mais « matières indécentes » ou « matières malvenues » pourrait renforcer le côté provocateur.
Poème 4
- Original : « peisajul acesta / (dar este un peisaj?) se descompune »
- Traduction : « ce paysage / (mais est-ce un paysage ?) se décompose »
- Suggestion : « ce paysage / (mais est-ce encore un paysage ?) se défait » (pour insister sur la perte de repères).
Poème 8
- Original : « un popor ridicat din bîrfe zvonuri / hrăpăreală »
- Traduction : « un peuple élevé de ragots, de rumeurs / de pillage »
- Suggestion : « un peuple nourri de ragots, de rumeurs, / de rapines » (pour renforcer l’idée de corruption et de violence).