Le dépôt
446 - ZOOM DYLAN
CHANSONS - Bob Dylan - Trad. G&J - TEXTES
FAUX PROPHÈTE
(Bob Dylan, 2020)
Encore un jour qui n'en finit pas
Encore un bateau qui s’en va
Encore un jour de colère, amertume et doute
J'ai entendu dire que le dernier homme était mort
On a déposé une couronne sur son lit
Il n' jamais obtenu ce qu'il voulait
J'ai entendu dire que le dernier homme avait dit
Dis à Olivia que je l'appelle
Que je peux pas venir chanter pour elle
Dis à Olivia que j'ai des problèmes
Peut-être qu'elle viendra me porter un peu
Je suis ennemi de la trahison
Ennemi des conflits
Je suis ennemi de la vie non vécue et dénuée de sens
Je suis pas un faux prophète
Je sais juste ce que je sais
Je vais là où seuls les solitaires peuvent aller
Je suis premier parmi mes pairs
Je suis sans égal
Dernier des meilleurs
Tu peux enterrer les autres
Enterre-les nus avec leur argent et leur or
Tends la main, il n'y a rien à tenir
Ouvre la bouche, je la remplirai d’or
Oh, pauvre diable, lève les yeux si tu veux
La Cité de Dieu est là sur la colline
Je suis ennemi du chaos
Ennemi du désordre
Ennemi de l'entropie et de l'anarchie aussi
À quoi suis-je bon si je suis comme tous les autres
Si je ne peux pas sauver le monde
Je ne peux pas me sauver moi-même
Je suis ici pour apporter la vengeance
Sur la tête de quelqu'un
Pour laisser un homme debout
Battre les autres jusqu'au sang
Tous les hommes qui ne voient pas
Ce qui est juste devant eux
Je prendrai le ruban écarlate
Et je les attacherai tous avec un nœud
Tends ta main
Il n'y a rien à tenir
Ouvre ta bouche
Je la remplirai d’or
Oh, pauvre diable, lève les yeux si tu veux
La Cité de Dieu est là sur la colline
Je suis ennemi de la trahison
Ennemi des conflits
Je suis ennemi de la vie insignifiante et non vécue
Je ne suis pas un faux prophète
Je sais simplement ce que je sais
Je vais là où seuls les solitaires peuvent aller
FALSE PROPHET
(Bob Dylan, 2020)
Another day that don’t end
Another ship goin’ out
Another day of anger, bitterness and doubt
I hear the last man is dead
Put a wreath on his bed
Never did get what he wanted
I hear the last man said
Tell Olivia, I’m calling her
I can’t come to sing for her
Tell Olivia, I’m in trouble
Maybe she’ll come and bring me a little
I’m the enemy of treason
Enemy of strife
I’m the enemy of the unlived meaningless life
I ain’t no false prophet
I just know what I know
I go where only the lonely can go
I’m first among equals
Second to none
The last of the best
You can bury the rest
Bury ‘em naked with their silver and gold
Put out your hand, there’s nothin’ to hold
Open your mouth,
I’ll stuff it with gold
Oh you poor devil, look up if you will
The City of God is there on the hill
I’m the enemy of chaos
Enemy of disorder
Enemy of entropy and anarchy too
What good am I if I’m like all the rest
If I can’t save the world,
I can’t save myself
I’m here to bring vengeance
On somebody’s head
Leave one man standin’
Beat the rest black and blue
All men who can’t see
What’s right in front of them
I’ll take the scarlet ribbon
And tie ‘em all up in a bow
Put out your hand, there’s nothin’ to hold
Open your mouth,
I’ll stuff it with gold
Oh you poor devil, look up if you will
The City of God is there on the hill
I’m the enemy of treason
Enemy of strife
I’m the enemy of the unlived meaningless life
I ain’t no false prophet
I just know what I know
I go where only the lonely can go
JE PORTE EN MOI LA MULTITUDE
Aujourd'hui, et demain, et hier aussi
Les fleurs se meurent comme toutes choses ici
Suis-moi de près, je vais vers Bleecker Street
Au coin de la Quatrième et de la 10ème Ouest
Je n’ai pas d’actions en bourse
Je n’ai pas d’argent en poche
Je suis comme Anne Frank, comme Indiana Jones
Et ces mauvais garçons Britanniques
Les Rolling Stones
Je vais droit au bord
Je vais droit au bord
Je vais droit au bord du monde
Je suis un homme de contradictions
Je suis un homme aux humeurs changeantes
Je porte en moi la multitude
J’ouvre mon cœur au monde et c’est vrai
Que je l’ai vécu et que je l’ai aimé
Et que j’en ai ri aussi
Je suis un homme des montagnes
Un homme des plaines
Je suis un homme du soleil
Et un homme des pluies
Je suis un homme de la mer
Et un homme du rivage
Je suis un homme de la rue
Et un homme de la guerre
Je suis un homme des champs
Et un homme des bois
Je contiens des multitudes
Je suis un homme aux mille couleurs
Aux mille nuances
Je suis un homme aux mille histoires
Aux mille croyances
Je suis un homme aux mille visages
Aux mille noms
Je suis un homme aux mille lieux
Aux mille jeux
Je suis un homme aux mille rêves
Aux mille desseins
Je suis un homme aux mille thèmes
Aux mille extrêmes
Je suis un homme aux mille humeurs
Aux mille saveurs
Je porte en moi la multitude
Je suis un homme aux mille voyages
Aux mille sentiers
Je suis un homme aux mille histoires
Aux mille contes
Je suis un homme aux mille questions
Aux mille indices
Je suis un homme aux mille réponses
Aux mille avis
Je suis un homme aux mille visions
aux mille rêves
Je suis un homme aux mille versions
aux mille projets
Je suis un homme aux mille humeurs
Aux mille saveurs
Je porte en moi la multitude
Je suis un homme aux mille manières
Aux mille chemins
Je suis un homme aux mille fardeaux
Aux mille destins
Je suis un homme aux mille missions
Aux mille buts
Je suis un homme aux mille esprits
Aux mille âmes
Je suis un homme aux mille saisons
Aux mille époques
Je suis un homme aux mille raisons
Aux mille rimes
Je suis un homme aux mille humeurs
Aux mille saveurs
Je porte en moi la multitude
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I Contain Multitudes
Today, and tomorrow, and yesterday, too
The flowers are dyin’ like all things do
Follow me close, I’m going to Bleecker Street
To the corner of Fourth and West 10th Street
I’ve got no stock in the stock market
I’ve got no money in my pocket
I’m just like Anne Frank, like Indiana Jones
And them British bad boys
The Rolling Stones
I go right to the edge
I go right to the edge
I go right to the edge of the world
I’m a man of contradictions
I’m a man of many moods
I contain multitudes
Full moon’s face is beaming in the sky
I’ll eat with a wolf and a grizzly bear’s eye
I’m a man of many colors, a man of many hues
I’m a man of many stories, a man of many views
I’m a man of many faces, a man of many names
I’m a man of many places, a man of many games
I’m a man of many dreams, a man of many schemes
I’m a man of many themes, a man of many extremes
I’m a man of many moods, I’m a man of many foods
I contain multitudes
I’m a man of many travels, a man of many trails
I’m a man of many stories, a man of many tales
I’m a man of many questions, a man of many clues
I’m a man of many answers, a man of many views
I’m a man of many visions, a man of many dreams
I’m a man of many versions, a man of many schemes
I’m a man of many moods, I’m a man of many foods
I contain multitudes
I’m a man of many ways, a man of many roads
I’m a man of many burdens, a man of many loads
I’m a man of many missions, a man of many goals
I’m a man of many spirits, a man of many souls
I’m a man of many seasons, a man of many times
I’m a man of many reasons, a man of many rhymes
I’m a man of many moods, I’m a man of many foods
I contain multitudes
I’m a man of many colors, a man of many hues
I’m a man of many stories, a man of many views
I’m a man of many faces, a man of many names
I’m a man of many places, a man of many games
I’m a man of many dreams, a man of many schemes
I’m a man of many themes, a man of many extremes
I’m a man of many moods, I’m a man of many foods
I contain multitudes
https://www.bobdylan.com/songs/i-contain-multitudes/
VENT STUPIDE
Quelqu’un m’en veut, on monte des histoires dans la presse
Qui que ce soit je voudrais que ça cesse mais quand, je ne peux deviner
On dit que j’ai descendu un certain Gray et emmené sa femme en Italie
Elle a hérité d’un million de dollars qui me sont revenus à sa mort
Je n’y peux rien si j’ai de la chance
Les gens que je vois tous les jours ne savent même plus ce qu’il faut faire
Leurs esprits sont pleins de grandes idées, d’images et de faits déformés
Même toi hier il a fallu que tu me demandes où nous en étions
Incroyable qu’après tant d’années tu ne me connaisses pas mieux, gente dame
Vent stupide soufflant chaque fois que tu bouges la bouche
Qui souffle dans les chemins en pente du sud
Vent stupide soufflant quand tu bouge les dents
Stupide petite
Étonnant que tu saches encore respirer
J’ai couru chez la voyante qui m’a dit attention à la foudre qui pourrait frapper
Je n’ai connu ni paix ni calme depuis si longtemps que j’oublie de quoi ça a l’air
Il y a un pauvre soldat sur la croix, de la fumée s’échappe de la porte d’un wagon
Tu n’en savais rien, tu n’y croyais pas, et à la fin il a gagné la guerre
Après avoir perdu chaque bataille
Éveillé sur le bas-côté, rêvassant aux choses comme elles sont parfois
Des visions de ta jument alezane traversent ma tête et me font voir des chandelles
Tu fais du mal à ceux que j’aime le plus et tu caches la vérité avec tes mensonges
Un jour tu seras dans le fossé, des mouches bourdonnant autour de tes yeux
Et du sang sur ta selle
Vent stupide qui souffle sur les fleurs de ta tombe
Souffle à travers les rideaux de ta chambre
Vent stupide qui souffle chaque fois que tu bouges les dents
Stupide petite
Étonnant que tu saches encore respirer
C’est la pesanteur qui nous a descendus et le destin qui nous a séparés
Tu as dompté le lion dans sa cage mais pour changer son cœur ce n’était pas assez
À présent tout est comme sens dessus dessous, en réalité les roues sont bloquées
Le bien est mal, le mal est bien, tu découvres qu’au sommet
Tu es au fond
J’ai noté qu’à la cérémonie tes manières pas nettes avaient fini par t’aveugler
Je ne me souviens plus de ta tête, ta bouche a changé, tes yeux ne sont plus dans les miens
Au septième jour le prêtre en noir était assis, impassible pendant que le batiment brûlait
Je t’ai attendue sur les marchepieds, près des cyprès, le printemps virait
Lentement à l’automne
Vent stupide qui souffle en rond autour de mon crâne
Du barrage du Grand Coulee au Capitole
Vent stupide qui souffle quand tu bouges tes dents
Stupide petite
Étonnant que tu saches encore respirer
Je ne peux plus te sentir, ni même toucher les livres que tu as lus
Chaque fois que je rampe devant ta porte, je préfèrerais être quelqu’un d’autre
Le long des routes, le long des rails, le long du chemin de l’extase
Sous les étoiles je t’ai suivie, pourchassé par ton souvenir
Et toute ta gloire déchaînée
C’est la dernière fois qu’on me trahit et me voilà enfin libre
J’ai envoyé un baiser d’adieu à la bête hurlante sur la frontière qui me séparait de toi
Tu ne sauras jamais le mal que j’ai enduré ni la douleur que je surmonte
Et je ne saurai jamais rien d’égal sur toi, ta sainteté ou ton genre d’amour
Et vraiment ça me désole
Vent stupide qui souffle par les boutons de nos manteaux
Qui souffle sur les lettres qu’on a écrites
Vent stupide qui souffle la poussière de nos étagères
Nous sommes stupides, petite
Étonnant qu’on arrive encore à se nourrir
IDIOT WIND
Someone’s got it in for me, they’re planting stories in the press
Whoever it is I wish they’d cut it out but when they will I can only guess
They say I shot a man named Gray and took his wife to Italy
She inherited a million bucks and when she died it came to me
I can’t help it if I’m lucky
People see me all the time and they just can’t remember how to act
Their minds are filled with big ideas, images and distorted facts
Even you, yesterday you had to ask me where it was at
I couldn’t believe after all these years, you didn’t know me better than that
Sweet lady
Idiot wind, blowing every time you move your mouth
Blowing down the backroads headin’ south
Idiot wind, blowing every time you move your teeth
You’re an idiot, babe
It’s a wonder that you still know how to breathe
I ran into the fortune-teller, who said beware of lightning that might strike
I haven’t known peace and quiet for so long I can’t remember what it’s like
There’s a lone soldier on the cross, smoke pourin’ out of a boxcar door
You didn’t know it, you didn’t think it could be done, in the final end he won the wars
After losin’ every battle
I woke up on the roadside, daydreamin’ ’bout the way things sometimes are
Visions of your chestnut mare shoot through my head and are makin’ me see stars
You hurt the ones that I love best and cover up the truth with lies
One day you’ll be in the ditch, flies buzzin’ around your eyes
Blood on your saddle
Idiot wind, blowing through the flowers on your tomb
Blowing through the curtains in your room
Idiot wind, blowing every time you move your teeth
You’re an idiot, babe
It’s a wonder that you still know how to breathe
It was gravity which pulled us down and destiny which broke us apart
You tamed the lion in my cage but it just wasn’t enough to change my heart
Now everything’s a little upside down, as a matter of fact the wheels have stopped
What’s good is bad, what’s bad is good, you’ll find out when you reach the top
You’re on the bottom
I noticed at the ceremony, your corrupt ways had finally made you blind
I can’t remember your face anymore, your mouth has changed, your eyes
don’t look into mine
The priest wore black on the seventh day and sat stone-faced while the
building burned
I waited for you on the running boards, near the cypress trees, while the
springtime turned
Slowly into Autumn
Idiot wind, blowing like a circle around my skull
From the Grand Coulee Dam to the Capitol
Idiot wind, blowing every time you move your teeth
You’re an idiot, babe
It’s a wonder that you still know how to breathe
I can’t feel you anymore, I can’t even touch the books you’ve read
Every time I crawl past your door, I been wishin’ I was somebody else instead
Down the highway, down the tracks, down the road to ecstasy
I followed you beneath the stars, hounded by your memory
And all your ragin’ glory
I been double-crossed now for the very last time and now I’m finally free
I kissed goodbye the howling beast on the borderline which separated you from me
You’ll never know the hurt I suffered nor the pain I rise above
And I’ll never know the same about you, your holiness or your kind of love
And it makes me feel so sorry
Idiot wind, blowing through the buttons of our coats
Blowing through the letters that we wrote
Idiot wind, blowing through the dust upon our shelves
We’re idiots, babe
It’s a wonder we can even feed ourselves
COMME UNE PIERRE QUI ROULE
Autrefois tu portais des vêtements très chics
tu jetais alors des pièces aux clochards, n’est-ce pas ?
Les gens te prévenaient, disaient « Prends garde poupée, tu finiras par tomber »
Tu pensais qu’ils plaisantaient
Tu t'en moquais
De ces gens qui traînaient`
Maintenant tu fais moins la fière
Quand tu dois quémander ton prochain dîner
Qu’est-ce que ça fait ?
Qu’est-ce que ça fait ?
De ne pas avoir de maison
Comme une parfaite inconnue
Comme une pierre qui roule
Tu es allée dans les meilleurs écoles, d’accord Miss Solitaire
Mais tu sais, tu n’as fait que t’y droguer
Personne ne t’a jamais appris à vivre dans la rue
Et maintenant tu découvres qu’il va falloir t’y faire
Tu dis que tu ne transiges jamais avec le clochard mystérieux
Mais maintenant tu te rends compte
Qu’il ne vend pas d’alibis
Alors que tu fixes le vide de ses yeux
Et lui demandes voulez-vous faire affaire ?
Qu’est-ce que ça fait ?
Qu’est-ce que ça fait ?
De ne pas avoir de maison
Comme une parfaite inconnue
Comme une pierre qui roule
Tu ne t’es jamais retournée sur l’air sombre des jongleurs et des clowns
Quand ils venaient te faire leur numéro
Tu n’as jamais compris que tout cela ne vaut rien
Qu’il ne faut pas laisser les autres prendre des coup à ta place
Toi qui chevauchais ta monture chromée avec ton diplomate
Qui portait sur son épaule un chat siamois
Ce fut très dur n’est-ce pas, quand tu as découvert
Qu’il n’était vraiment pas là où il était
Après avoir tiré de toi tout ce qu’il pouvait voler
Qu’est-ce que ça fait ?
Qu’est-ce que ça fait ?
De ne pas avoir de maison
Comme une parfaite inconnue
Comme une pierre qui roule
Princesse à son clocher et tout ce joli monde
Qui boit et pense que c’est dans la poche
Qui échange de précieux cadeaux, des petits riens
Tu ferais mieux d’ôter ton anneau de diamant, et de le mettre au clou, ma petite
Tu avais l’habitude d’en rire
Du Napoléon en haillons et des mots qui allaient avec lui
Va à lui à présent, il t’appelle, tu ne peux pas dire non
Quand tu n’as rien tu n’as rien à perdre
Te voici invisible tu n’as aucun secret à cacher
Qu’est-ce que ça fait ?
Qu’est-ce que ça fait ?
De ne pas avoir de maison
Comme une parfaite inconnue
Comme une pierre qui roule
LIKE A ROLLING STONE
Once upon a time you dressed so fine
You threw the bums a dime in your prime, didn’t you?
People’d call, say, “Beware doll, you’re bound to fall”
You thought they were all kiddin’ you
You used to laugh about
Everybody that was hangin’ out
Now you don’t talk so loud
Now you don’t seem so proud
About having to be scrounging for your next meal
How does it feel
How does it feel
To be without a home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?
You’ve gone to the finest school all right, Miss Lonely
But you know you only used to get juiced in it
And nobody has ever taught you how to live on the street
And now you find out you’re gonna have to get used to it
You said you’d never compromise
With the mystery tramp, but now you realize
He’s not selling any alibis
As you stare into the vacuum of his eyes
And ask him do you want to make a deal?
How does it feel
How does it feel
To be on your own
With no direction home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?
You never turned around to see the frowns on the jugglers and the clowns
When they all come down and did tricks for you
You never understood that it ain’t no good
You shouldn’t let other people get your kicks for you
You used to ride on the chrome horse with your diplomat
Who carried on his shoulder a Siamese cat
Ain’t it hard when you discover that
He really wasn’t where it’s at
After he took from you everything he could steal
How does it feel
How does it feel
To be on your own
With no direction home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?
Princess on the steeple and all the pretty people
They’re drinkin’, thinkin’ that they got it made
Exchanging all kinds of precious gifts and things
But you’d better lift your diamond ring, you’d better pawn it babe
You used to be so amused
At Napoleon in rags and the language that he used
Go to him now, he calls you, you can’t refuse
When you got nothing, you got nothing to lose
You’re invisible now, you got no secrets to conceal
How does it feel
How does it feel
To be on your own
With no direction home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?
SOUFFLÉE PAR LE VENT
Combien de routes un homme doit-il parcourir
Avant que vous ne l'appeliez un homme ?
Oui, combien de mers une blanche colombe doit-elle traverser
Avant de s’endormir sur le sable ?
Oui, combien de fois les boulets de canon doivent-ils voler
Avant d’être à jamais interdits ?
La réponse, mon ami, est soufflée par le vent
La réponse est soufflée par le vent
Combien d’années une montagne peut-elle exister
Avant d’être emportée par la mer ?
Oui, combien d’années des gens peuvent-ils exister
Avant d’avoir le droit d’être libres ?
Oui, combien de fois un homme peut-il tourner la tête
En prétendant ne pas voir ?
La réponse, mon ami, est soufflée par le vent
la réponse est soufflée par le vent
Combien de fois un homme doit-il lever les yeux
Avant qu’il puisse voir le ciel ?
Oui, et combien d’oreilles un homme doit-il avoir
Avant qu'il puisse entendre les gens pleurer ?
Oui, combien faudra-t-il de morts avant de savoir
Que de trop de gens sont morts ?
La réponse, mon ami, est soufflée par le vent
la réponse est soufflée par le vent
BLOWIN’ IN THE WIND
How many roads must a man walk down
Before you call him a man?
Yes, ’n’ how many seas must a white dove sail
Before she sleeps in the sand?
Yes, ’n’ how many times must the cannonballs fly
Before they’re forever banned?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind
The answer is blowin’ in the wind
How many years can a mountain exist
Before it’s washed to the sea?
Yes, ’n’ how many years can some people exist
Before they’re allowed to be free?
Yes, ’n’ how many times can a man turn his head
Pretending he just doesn’t see?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind
The answer is blowin’ in the wind
How many times must a man look up
Before he can see the sky?
Yes, ’n’ how many ears must one man have
Before he can hear people cry?
Yes, ’n’ how many deaths will it take till he knows
That too many people have died?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind
The answer is blowin’ in the wind
MONSIEUR TAMBOURIN
Hé ! monsieur tambourin, joue-moi un air
J’ai pas sommeil et nulle part où aller
Hé ! monsieur tambourin, joue-moi un air
Dans le tohu-bohu du matin je te suivrai
Bien que je sache que l’empire du soir
Est redevenu sable, a disparu de ma main
M’a planté là comme une vigie aveugle
Ma lassitude m'étonne, mes pieds sont marqués au fer rouge
Je n’attends personne
Et l’antique rue vide est trop morte pour rêver
Hé! monsieur tambourin, joue-moi un air
J’ai pas sommeil et nulle part où aller
Hé! monsieur tambourin, joue-moi un air
Dans le tohu bohu du matin je te suivrai
Embarque-moi sur ton bateau aux tourbillons magiques
Je suis privé de mes sens, mes mains ne peuvent agripper
Mes orteils sont trop engourdis pour faire un pas
Attendant seulement que vagabondent les talons de mes bottes
Je suis prêt à aller n’importe où, je suis prêt à me fondre
Dans ma propre parade. Lance sur moi le sortilège de ta danse
Je te promets de m'y soumettre
Hé! monsieur tambourin, joue-moi un air
J’ai pas sommeil et nulle part où aller
Hé! monsieur tambourin, joue-moi un air
Dans le tohu bohu du matin je te suivrai
Bien que tu puisses entendre les gens rire, tournoyer, se balancer follement au-delà du soleil
Ce n’est dirigé contre personne, c’est juste une cavale sans but
Et à part le ciel il n’y a aucune barrière à franchir
Et si tu entends de vagues traces de bobines de rimes
Sautillant en rythme, ce n’est qu’un clown en haillons derrière
Je n’y prêterais pas attention, c’est juste l’ombre que tu vois
Qu’il est en train de poursuivre
Hé! monsieur tambourin, joue-moi un air
J’ai pas sommeil et nulle part où aller
Hé! monsieur tambourin, joue moi un air
Dans le cahin caha du matin je te suivrai
Puis fais-moi disparaître dans les anneaux de fumée de mon âme
Sous les ruines brumeuses du temps
Bien au-delà des feuilles gelées, des arbres hantés effrayés
Dehors vers la plage venteuse, hors d’atteinte des serres du chagrin fou
Oui, danser sous le ciel de diamant en agitant une main libre
Silhouetté par la mer, entouré par les sables du cirque
Avec toute mémoire et tout destin engloutis profondément sous les vagues
Laisse-moi oublier aujourd’hui jusqu’à demain
Hé! monsieur tambourin, joue-moi un air
Je n’ai pas sommeil et nulle part où aller
Hé! monsieur tambourin, joue-moi un air
Dans le tohu bohu du matin, je te suivrai
MR TAMBOURINE MAN
Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me
I’m not sleepy and there is no place I’m going to
Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me
In the jingle jangle morning I’ll come followin’ you
Though I know that evenin’s empire has returned into sand
Vanished from my hand
Left me blindly here to stand but still not sleeping
My weariness amazes me, I’m branded on my feet
I have no one to meet
And the ancient empty street’s too dead for dreaming
Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me
I’m not sleepy and there is no place I’m going to
Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me
In the jingle jangle morning I’ll come followin’ you
Take me on a trip upon your magic swirlin’ ship
My senses have been stripped, my hands can’t feel to grip
My toes too numb to step
Wait only for my boot heels to be wanderin’
I’m ready to go anywhere, I’m ready for to fade
Into my own parade, cast your dancing spell my way
I promise to go under it
Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me
I’m not sleepy and there is no place I’m going to
Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me
In the jingle jangle morning I’ll come followin’ you
Though you might hear laughin’, spinnin’, swingin’ madly across the sun
It’s not aimed at anyone, it’s just escapin’ on the run
And but for the sky there are no fences facin’
And if you hear vague traces of skippin’ reels of rhyme
To your tambourine in time, it’s just a ragged clown behind
I wouldn’t pay it any mind
It’s just a shadow you’re seein’ that he’s chasing
Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me
I’m not sleepy and there is no place I’m going to
Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me
In the jingle jangle morning I’ll come followin’ you
Then take me disappearin’ through the smoke rings of my mind
Down the foggy ruins of time, far past the frozen leaves
The haunted, frightened trees, out to the windy beach
Far from the twisted reach of crazy sorrow
Yes, to dance beneath the diamond sky with one hand waving free
Silhouetted by the sea, circled by the circus sands
With all memory and fate driven deep beneath the waves
Let me forget about today until tomorrow
Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me
I’m not sleepy and there is no place I’m going to
Hey! Mr. Tambourine Man, play a song for me
In the jingle jangle morning I’ll come followin’ you
SOUFFLÉE PAR LE VENT
Combien de routes un homme doit-il parcourir
Avant que vous ne l'appeliez un homme ?
Oui, combien de mers une blanche colombe doit-elle traverser
Avant de s’endormir sur le sable ?
Oui, combien de fois les boulets de canon doivent-ils voler
Avant d’être à jamais interdits ?
La réponse, mon ami, est soufflée par le vent
La réponse est soufflée par le vent
Combien d’années une montagne peut-elle exister
Avant d’être emportée par la mer ?
Oui, combien d’années des gens peuvent-ils exister
Avant d’avoir le droit d’être libres ?
Oui, combien de fois un homme peut-il tourner la tête
En prétendant ne pas voir ?
La réponse, mon ami, est soufflée par le vent
la réponse est soufflée par le vent
Combien de fois un homme doit-il lever les yeux
Avant qu’il puisse voir le ciel ?
Oui, et combien d’oreilles un homme doit-il avoir
Avant qu'il puisse entendre les gens pleurer ?
Oui, combien faudra-t-il de morts avant de savoir
Que de trop de gens sont morts ?
La réponse, mon ami, est soufflée par le vent
la réponse est soufflée par le vent
BLOWIN’ IN THE WIND
How many roads must a man walk down
Before you call him a man?
Yes, ’n’ how many seas must a white dove sail
Before she sleeps in the sand?
Yes, ’n’ how many times must the cannonballs fly
Before they’re forever banned?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind
The answer is blowin’ in the wind
How many years can a mountain exist
Before it’s washed to the sea?
Yes, ’n’ how many years can some people exist
Before they’re allowed to be free?
Yes, ’n’ how many times can a man turn his head
Pretending he just doesn’t see?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind
The answer is blowin’ in the wind
How many times must a man look up
Before he can see the sky?
Yes, ’n’ how many ears must one man have
Before he can hear people cry?
Yes, ’n’ how many deaths will it take till he knows
That too many people have died?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind
The answer is blowin’ in the wind
PRÉSENTATION
Bob Dylan, né Robert Allen Zimmerman en 1941, est un auteur-compositeur-interprète et poète américain dont l'œuvre a profondément marqué la culture contemporaine. Lauréat du prix Nobel de littérature en 2016, il est reconnu pour la complexité de ses textes qui mêlent références littéraires, historiques et religieuses. La chanson My Own Version of You, extraite de son trente-neuvième album studio Rough and Rowdy Ways paru en 2020, illustre sa capacité à utiliser le mythe de Frankenstein comme métaphore de la création artistique et de la quête d'un idéal humain à travers les décombres de l'histoire et de la culture.
Bibliographie
Dylan, B. (2020). Rough and Rowdy Ways. Columbia Records.
Dylan, B. (2014). The Lyrics: Since 1962. Simon & Schuster.
Dylan, B. (2004). Chronicles: Volume One. Simon & Schuster.
Sounes, H. (2001). Down the Highway: The Life of Bob Dylan. Grove Press.
Rémond, A. (2016). Bob Dylan, la voix d'une génération. Éditions Albin Michel.
L'engagement politique de Bob Dylan est l'un des sujets les plus débattus de l'histoire de la musique moderne, précisément parce qu'il repose sur un paradoxe : Dylan a transformé la chanson de protestation avant de rejeter violemment l'étiquette de "porte-parole".
Pour éclairer cette trajectoire, on peut distinguer trois phases majeures :
1. La période "Protest Songs" (1962-1964)
Au début des années 60, sous l'influence de sa compagne Suze Rotolo et de la figure de Woody Guthrie, Dylan devient l'icône du mouvement des droits civiques. Des titres comme Blowin' in the Wind ou The Times They Are A-Changin' fournissent des hymnes à une jeunesse en quête de justice. Son engagement est alors direct : il chante lors de la Marche sur Washington en 1963, juste avant le discours de Martin Luther King. À cette époque, sa plume s'attaque aux structures du pouvoir (Masters of War) et au racisme systémique (The Lonesome Death of Hattie Carroll).
2. Le "Grand Refus" et l'indépendance (1965-1970)
Dès 1964, Dylan s'éloigne des mouvements organisés. Il refuse d'être le "pantin" d'une idéologie, fût-elle progressiste. Dans My Back Pages, il écrit : « J'étais bien plus vieux alors, je suis plus jeune que ça maintenant », marquant sa rupture avec le dogmatisme politique. Pour lui, l'engagement devient intérieur et poétique. Il estime que changer le cœur des hommes par la poésie et le surréalisme est plus puissant que de signer des pétitions. Cette période marque son passage à l'électrique, perçu par certains militants comme une trahison de la "cause" populaire.
3. Un engagement moral et biblique (1970 à aujourd'hui)
Par la suite, Dylan ne revient à la politique que de manière ponctuelle et souvent pour dénoncer des injustices individuelles (comme dans Hurricane en 1975, pour la libération du boxeur Rubin Carter).
Son texte False Prophet, que vous avez traduit, illustre parfaitement sa vision actuelle :
- Le rejet des idoles : Il refuse qu'on lui dicte une vérité.
- La transcendance : Son "engagement" est désormais moral, teinté de références bibliques. Il s'attaque à l'entropie, au chaos et à la perte de sens spirituel plutôt qu'à des partis politiques.
- L'individualisme radical : Il se place au-dessus de la mêlée (« Second de personne »), affirmant que la vraie révolution est celle de la conscience individuelle face à la "Cité de Dieu".
En résumé, Dylan n'est pas un militant au sens partisan, mais un observateur moral. Il ne cherche pas à réformer les lois, mais à témoigner de la condition humaine, de ses failles et de sa quête de vérité.