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PLACE AUX POÈMES

LIVRE ZOOM

63 - ZOOM LAMARQUE

ZOOM : PIERRE LAMARQUE (1949–)



PRÉSENTATION



PRÉSENTATION DE L’AUTEUR AUTHENTIQUE GARANTIE SANS IA




Pierre Lamarque né en 1949 en France et exilé en France depuis de nombreuses années est un poète dont l’écriture 

explore les parages de la présence de l'autre. Acteur engagé de la scène littéraire anticléricale locale il a collaboré à une revue et publié deux recueils qui témoignent d'une quête de dépouillement minimaliste gazeux. Son œuvre se caractérise par une attention aiguë aux battements du coeur et aux infimes variations de place des paupières. Chez lui le poème est une veilleuse allumée afin de maintenir la clairvoyance du lecteur ou de l'auditeur face à l'effritement du thermomètre vers le haut et à la saturation du champ de l'esprit commun vers le bas. Mes deux seins et poète des docks vivant entre océan et terre ferme il conçoit l'acte d'écrire comme un besoin de vérité où le dit du large doit trouver sa juste résonance dans le lu du port. Sa poésie elliptique et brève cherche à s’approcher d'un ineffable baiser de la mort tout en restant ancrée dans une relation sensible et charnelle à la nature et à l’intimité jouissive.





CINQ POÈMES



ROSE DE PAPIER

ma rose ne peut pas parler
sauf à s’épanouir et s’exhiber

là ma rose

ne pas souffler sur ma rose
cette esquisse n’a pas conscience
d’être une rose

qu’une esquisse
esquisse de rose

mais une rose déjà

il en va de l’histoire de ma rose
comme de l’histoire de la vie

une fois ne compte pas
une fois c’est jamais




PAS DE DEUX (à Mickaël Lapouge)

quand je t’ai connu ton
thorax n’était pas aussi développé
tu dansais déjà très
bien tes articulations m’impressionnaient
tu composais de la musique é-
lectro-acoustique
et tu écrivais des po-
èmes sur des cahiers abandon-
nés

ton corps et mes mains
se tordaient de plai-
sir sous les pas des passants

nous nous sommes trouvés
quittés retrouvés re-
trouvés

en train de mesurer
la taille du pied des
lettres

un petit nuage russe repasse ton pan-
talon je vois ton ombre sur le mur




LA LOCOMOTIVE

la machine personne…la personne machine…la machine qui se présente comme une personne…la personne qui se présente comme une locomotive à vapeur




LUI ELLE

lui elle
ne veut pas mourir
ne veut pas dieu
ne veut pas       pas exister

veut du théâtre
du sang         des cris        une épreuve
un corps             un mot







IL PLEUT L’EAU TOMBE

l’automne mange le feuillage nous sommes deux mains
toutes les feuilles tombent nous tombons nous brûlons

adieu nous savons nous disons
touchant l’air des mots
demain demain encore année après année
l’heure ne s’éteint pas peut-être encore reconnaît-elle

nous tombons toutes les feuilles la main brûle
nous tombons davantage celui qui tombe
celui qui tombe tombe ?

air mots oui parfois
cela arrive les mots tombent aussi



  • BIBLIOGRAPHIE

-- Résidu - Editions Lpb - 2023

-- Papiers froissés - Edditions Lpb - 2023