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602 - ZOOM BRUNEAU
ZOOM SUR "CONTRE LA MORT" DE PHILIPPE BRUNEAU
PRÉSENTATION
"Contre la mort" explore le potentiel poétique de son auteur. Immense potentiel. On sent un maître à la façon dont est présente l’insoutenable ardeur de la phrase. PL
TEXTES
Extraits de Contre la mort
Je ne suis pas sûr d’ exister. Les circonstances de mon dos
provoquent des larmes d’illusion puis de jasmin. Les prés
d’herbe droite grisent les sentes. Le vol des étourneaux
brouille les pluies. Le ciel tangue à l’index du symbolique. Le
déplacement des soupirs bouscule la folie. La vie. Là.
Tout cela n’est plus à moi.
Les murs se referment sur ma mémoire. Les angles droits
détruisent les horizons de sable. Pourtant la lumière reste en
guise de ciel.
Je contrôle l’effacement des étoiles. Je contrôle la répulsion
des émotions impassibles. Le vide dessine une ogive de
haillons. Rien ne cache l’intermédiaire.
Je suis allongé comme si l’éternité. Fixement. Enferme mon
âme. L’ampoule du plafonnier éclaire les nombreux vides. La
lumière couche les ombres. Aucune goutte noire ne tache les
cloisons. Un carcan de splendeur décore le sanctuaire.
Je suis allongé sur un grabat de douleur. Les draps rudes
pèsent sur chacun de mes membres. Maigres et fragiles. Le
poids de l’immobilité gangrène chacun de mes muscles.
Rudes et rigides. Aussi bandés que mes os.
Je serai mort. La tête rigide au bord du cou. Les mains droites
le long des hanches. Le sexe rabattu d’humiliation. Je serai
quelque chose d’immonde. Froid en cérémonie. Quelque
chose de Wuppertal.
Je serai mort avant la fin du jour. Je ne serai plus le même. Je
ne serai plus. Moi qui respire normalement. Moi qui suis
allongé sur le dos. Moi qui cherche du regard le pli des
rideaux. Moi qui sens l’ odeur du frais. Moi qui suis en train
d’ écrire ces mots ordinaires.
J’ oublie le présent dans le passé. Je pose les mains devant les
yeux pour cacher mes souvenirs cirés de carnage.
Et toujours cette fille étendue sur la plage. Une lente caresse
trouble ma mémoire. Le même geste sédentaire. La réitération
d’une vague sans eau. La respiration saccadée d’un anti héros.
Maintenant la fille marche dans le temps. Elle court dans les
champs amnésiques. Une chevelure dorée s’ échappe de ses
lèvres rouges. Elle prononce des phrases sans histoire. Des
phrases que je ne peux comprendre. Des phrases que je ne
peux entendre.
Maintenant la fille fuit la résignation. Le vent de sa course
soulève par moments sa pèlerine noire. Je vois l’abondance de
son dos. La peau à perte de nu s’ étire frontalement. Sans
muscles et sans saillies. Sans ressauts.
Maintenant la fille est essoufflée. Elle s’assoit sur un banc de
gazon. Sa nuque est de sueur. Nos souffles peu à peu se
rapprochent. Nos bouches tout à coup.
BIBLIOGRAPHIE
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- janvier 2022
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Mon blog mort : www.jaimetoncul.com