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PLACE AUX POÈMES

LIVRE ZOOM

644 - ZOOM COLET

POÈMES



  1. « La Paysanne » (extrait de Le Poème de la Femme, 1853) Lien vers le texte intégral

Extrait long : La terre est dure, et le soc qui la fend Arrache à peine un pain noir à la misère ; Mais dans son cœur, la paysanne attend Un rêve d’amour, une lumière. Elle chante en berçant son enfant, Son chant est rude, mais sa voix est tendre ; Elle rêve d’un monde éclatant, Où l’on ne souffre plus, où l’on peut s’attendre. Le soir, quand le soleil se couche, Quand les champs sont baignés de flamme, Elle croit voir, au bout de la route, Un bonheur qui n’est qu’une âme.

  1. « La Servante » (extrait de Le Poème de la Femme, 1853) Lien vers le texte intégral

Extrait long : Elle sert, elle se tait, elle pleure, Son maître rit, sa maîtresse l’outrage ; Mais dans son cœur, une flamme qui demeure Lui dit qu’un jour viendra son héritage. Un jour, peut-être, elle brisera ses chaînes, Et comme un oiseau blessé qui s’envole, Elle ira, libre, vers des lendemains Où l’on ne lui reprochera plus son rôle. Car elle est femme, et son âme est fière, Et sous le haillon, bat un cœur de reine.

  1. « Souviens-toi de moi » (poème complet, Poésies complètes, 1842) Lien vers le texte

Texte intégral : Pars, puisque la gloire t’appelle ! Mais quand tu seras loin de moi, Souviens-toi de ma voix fidèle, Souviens-toi de moi. Quand les lauriers te couronneront, Quand les foules, à tes genoux, Te diront que tu es le plus grand, Souviens-toi de nous deux. Quand tu verras, sous d’autres cieux, D’autres yeux briller pour toi, Souviens-toi des yeux que j’ai eus, Souviens-toi de moi.

  1. « Les Funérailles de Napoléon » (extrait, 1840) Lien vers le texte

Extrait long : Le char funèbre s’avance, lent et sombre, Comme un nuage noir sur un ciel de deuil ; La France pleure, et dans l’ombre, On entend gronder son long cerceuil. C’était un géant, c’était un roi, Un homme qui porta le monde ; Et voici qu’il dort sous la loi Du temps, qui tout engloutit et confond. Ô toi, qui fis trembler les trônes, Dors, grand capitaine, dors en paix ; Ta gloire est un feu qui rayonne, Et ton nom ne mourra jamais.

  1. « Ce qui est dans le cœur des femmes » (extrait, 1852) Lien vers le texte

Extrait long : Nous aimons, et c’est là notre crime ; Nous aimons, et l’on nous punit d’aimer. L’homme, lui, peut briser son estime, Et changer d’amour sans se blâmer. Nous, nous gardons nos rêves fidèles, Comme un trésor au fond de nos cœurs ; Nos larmes sont des perles Que le temps change en douleurs. Mais un jour, peut-être, on nous rendra justice, Et l’on saura que nos pleurs Étaient des perles de sacrifice, Et nos rêves, des fleurs.



PRÉSENTATION

Louise Colet, née Louise Révoil de Servannes le 15 août 1810 à Aix-en-Provence et morte le 8 mars 1876 à Paris, est une figure majeure de la poésie romantique et féministe du XIXe siècle. Issue d’un milieu cultivé, elle s’installe à Paris en 1835 et y ouvre un salon littéraire fréquenté par les plus grands noms de l’époque : Victor Hugo, Alfred de Musset, Gustave Flaubert, Alfred de Vigny. Son œuvre, à la fois lyrique et engagée, explore la condition féminine, l’amour, la nature et la justice sociale.

Louise Colet est aussi connue pour ses liaisons avec des écrivains célèbres, notamment Flaubert, qui lui a adressé une correspondance abondante. Son style, marqué par une sensibilité ardente et une langue à la fois classique et moderne, a souvent été minimisé par une critique misogyne. Pourtant, son Poème de la Femme (1853), où elle donne voix à des femmes de toutes conditions, reste un jalon de la littérature féministe.

Son œuvre, couronnée à plusieurs reprises par l’Académie française, a connu un regain d’intérêt ces dernières décennies, où l’on redécouvre son audace et sa modernité.


BIBLIOGRAPHIE

  • Penserosa (1840)
  • Les Funérailles de Napoléon (1840)
  • Le Poème de la Femme (1853)
  • Ce qui est dans le cœur des femmes (1852)
  • Poésies complètes (posthume)