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Flux de conscience au jour le jour
FLUX DE CONSCIENCE EN QUELQUES MOTS CHAPITRE UN
vendredi 31 juillet 2026
j’ai besoin de peu de mots peu de mots mais les miens les mots de mon poème m’appartiennent le temps du poème ils sont à moi moi moi moi je les partage avec moi-même parce que je m’aime je me fous des autres car je ne suis pas monsieur bob dylan je suis monsieur moi qui s’aime je me fous de la noblesse du prix nobel moi monsieur j’écris pour moi pas pour autrui je ne cherche pas à être lu je ne cherche pas à gagner ma vie avec ce que j’écris je n’ai pas besoin de gagner ma vie d’ailleurs je ne chante pas aussi bien et je ne joue pas de la guitare moi monsieur je vis d’amour et d’eau fraîche je cherche à écrire peu de mots j’ai besoin de peu de mots j’avance en serrant les dents dans une impasse sans fin je médite un instant je me demande ce qui va m’arriver au bout de l’impasse je me réponds que je n’en sais rien et que je m’en moque je m’en fous je m’en balance il y a longtemps que je n’avais pas médité un instant si profondément en ouvrant le robinet à paroles je ferme le robinet je le rouvre je le referme je le rouvre ça m’amuse beaucoup de remuer ce ménage tout ça n’est pas bien tragique je ne fais rien de mal je ne sais pas écrire la poésie autrement que sous la forme d’un trouble obsessionnel compulsif même si j’ai tout essayé dans ma carrière de poète de fond en comble j’aurait tout essayé toutes les formes pour toutes sortes de messages importants adressés à l’humanité née en même temps que moi morte en même temps que moi depuis que je suis le centre du monde et pas uniquement son chef de gare quand je parle au monde je m’écoute parler car je me moque du monde je suis aussi simple que cela d’ailleurs quand je parle au monde ce n’est pas moi qui parle c’est ma voisine martine je ne me trouve pas assez bavard en tout cas pas autant que feu jeanine bancquart alors je continue jusqu’à ras bord mon écriture est comment dire corporelle sensuelle si vous voyez ce que je veux dire si vous devinez à quoi je pense si vous n’avez pas peur de la vérité cher public chers téléspectateur qui faites mon bonheur de présentateur du présent du présent allumé du présent allumé du présent immédiat allumé immédiatement allumé à humer du présent immédiatement allumé à humer au présent de l’instant présent ne succombons pas à la féconde séduction des sirènes qui nous implorent en hébreu d’arrêter les flots des paroles d’ulysse tandis qu’il en est encore temps ce n’est pas à nous spectateurs de siffler la fin de la partie restons humblement modestes en nous remémorant au besoin nos anciens camarades tous des gens humbles beaux et surtout modestes tellement de gens se prennent pour le centre du monde qu’on ne peut savoir où situer l’art si le centre de l’art est partout à la fois c’est à n’y rien comprendre malgré les efforts d’einstein mais une chose que je comprends bien c’est celle-ci je prends mon pied avec les mots de tout le monde même les plus rares et précieux mots sont à tout le monde tout le monde à les moyens de se payer un dictionnaire des mots rares et précieux je viens d’inventer une nouvelle littérature la littérature qui n’en finit pas de s’écrire j’ai l’impression d’avoir inventé la lune ce serait dommage de continuer nos errances alors que le route est toute droite dans l’ohio qui nous mène à un petit verre de porto cul sec j’ai réglé mon cerveau sur poésie je baigne dans la torpeur du ventilateur j’utilise les mots pour dire des choses que je crois importantes à dire et à faire entendre faites circuler le message que je suis en train d’écrire c’est de la littérature infinie par paquets de douze miaulements suspects quand je serai fatigué de ce marathon d’écriture perpétuelle je marquerai une pause je préviendrai le lecteur par un panneau à suivre bien connu de nos téléspectateur que j’adore de toutes façons j’ai besoin de peu de mots pour mon flux
à suivre
samedi 1 août 2026
le langage nous construit un abri les mots nous viennent de la pierre ils furent gravés jadis dans de la pierre mûre et juteuse la marque entaillait alors la pierre avec la lumière d’un scribe mort depuis longtemps mais ce qu’il a écrit restera comme une trace de son passage sur terre
du sang coulait du burin mêlé à du lait de pièce en pièce ce n‘était pas mon nom qui coulait c’était le sang et le lait des pierres alors j'ai pris les pierres en sueur sanglantes et laiteuses j’ai posé autrement les pierres sans ciment sans plan le sang la sueur et le lait me poursuivaient de pièce en pièce avec zède je croyais qu'on connaissait mon vrai nom qui commence justement par un drôle de zède continue par è et finit par bre alors j'ai pris peur et j’ai repris en sueur les mêmes pierres je les ai posées autrement le mur est devenu autrement voilà ce que le mur est devenu
une fenêtre ouverte dont les volets claquaient une fois par minute une injure intérieure commençant à faire de l'ombre à la pluie qui est en moi quand la voix revient m’injurier je ferme discrètement la fenêtre à clef
la vérité sort du puits colorée en bleu marine sur fond noir autant vous dire qu’on ne discerne pas aisément sa nudité si elle était écrite en lettres d’azur sur fond noir ce serait tellement mieux la vérité c’est que tu m’en veux et que la voix intérieure qui m’injurie de la sorte sort de ta bouche gourmande friande de toutes sortes d’insupportables méchancetés apprises par cœur j’y vois clair maintenant tu tentes vainement de m’hypnotiser avec ta ridicule violence mais tu ne m’auras pas je suis plus résistante que tu ne crois
en attendant des jours meilleurs j’ai trouvé une solution provisoire j’écris pour me soulager des misères que tu me fais misère versus écriture le temps passe et je n’ai toujours pas trouvé de solution définitive alors j’écris ma misère la misère que tu me fais continue mais je la transforme en formidable joie de vivre grâce à l’écriture par la simple force des poignets grâce à l’aide de mes doigts sur le clavier de la machine à écrire c’est peut-être ça la solution nous verrons bien
à suivre